Recovery, t. I, pp. H2-i
marques, me disent que ce ne sont pas des lettres, mais plutôt des marques de maçons, comme on en trouye d'ailleurs encore en Phénicie, que ces caractères n'appartiennent pas à un alphabet sémitique défini et daté^ Ce dont se rapprocheraient quelques-uns de ces signes, ce serait plutôt des- formes de Talphabet araméen, qui domine dans les siècles voisins du commencement de notre ère. A Tangle nord-est il y a une lettre bien caractérisée; elle a été peinte, en rouge, sur la pierre, avant que celle-ci fût mise en {dace. La peinture a coulé, et les gouttes sont aujourd'hui horizontales. On ne saurait donc dire que ce signe ait été mis là après coup; s'il convient au temps d'Hérode, il date du même coup l'appareil. On ne saurait donc se faire de cette découverte une arme contre l'opinion que nous avons soutenue avec M. de Vogtié, et que nous formulons en ces termes : Tout r appareil en grands blocSy à refends^ que nous avons décrit sous le nom de premier système, appartient aux constructions exécutées par Hérode .
Est-ce à dire qu'il soit certain qu'il n'existe plus en place d'assises qui aient fait partie du premier temple? Nous ne le prétendons pas; mais on n'a pas pu chercher jusqu'ici là où il y aurait eu chance de retrouver ces restes vénérables. Ce n'est pas sur le plateau que l'on peut espérer les rencontrer; le roc y est trop à fleur de terre pour que les fondations y aient jamais eu aucune profondeur, et, dans toutes ces destructions et reconstructions successives, les pierres qu'avaient dressées les ouvriers de Hiram ont dû être plus d'une fois retaillées et remployées dans d'autres bâtiments. On pourrait, en revanche, se demander si, dans les substructions du Haram, ce ne serait pas l'appareil salomonien que nous aurions sous les yeux, là où le tracé de la nouvelle enceinte se trouve concorder avec celui de l'ancienne, vers le milieu, par exemple, de la face occidentale, près du mur des Lamentations. 11 n'y aurait d'ailleurs pas lieu d'être surpris que cet appareil fût tout semblable à celui des parties dont la construction ne peut être attribuée qu'à Hérode ; les ouvriers de celui-ci se seraient appliqués à imiter les procédés de leurs prédécesseurs, et rien ne leur aurait été plus aisé que d'éviter les disparates; c'était chose traditionnelle en
1. C'a été aussi, au moment de la découverte de ces signes, Tavis de Dedtsch (Utter on ihe eharacters found by L. Warren ai the sotUk east angle of ihe Haram area^ dans les Quarterly statements du Palestine exploration fund, i869, p. 33). Ces marques sont reproduites, grandeur d'exécution, dans les Plans, élévations and sections (in-fo).), pi. XXI, xxn et XXIII.
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Syrie que la construction en grands matériaux, à joints vifs, avec refend sur le parement extérieur*.
Cette hypothèse serait très séduisante si elle n'était indirectement contredite par des textes dont il est impossible de ne point tenir compte. « Les anciennes fondations furent arrachées et remplacées par d'autres, » dit Josèphe; et il répète cette assertion à propos du liiur méridional*. De simples raccords n'ont pu suffire, surtout à l'occident, où il s'agissait d'établir des communications faciles et d'un aspect grandiose entre le temple rendu plus magnifique et la ville qui « se développait en face du temple comme un large théâtre' ». Depuis le temps des rois de Juda, les habitudes avaient changé. Les rampes par lesquelles on accédait jadis à l'enceinte sacrée paraissaient maintenant trop longues et trop raides ; l'exhaussement du sol de la vallée permettait de placer les chaussées bien plus haut qu'on ne l'avait fait autrefois. Hérode ménagea donc, de ce côté, quatre avenues commodément et largement installées, dont trois ont été retrouvées : ce sont les arches dites de Robinson et de Wilsoriy puis la porte de Barclay ou porte occidentale; une quatrième, munie d'un double perron, n'a pas encore été reconnue; il est possible que les restes en soient cachés sous les bâtiments modernes qui se pressent contre la partie nord du mur occidental. Pour qu'il n'y eût pas d'incohérences dans l'exécution , il fallait que l'architecte eût réservé d'avance, dans son plan, la place de ces baies et de leurs abords, que, dans son mur, il eût ménagé des points d'appui pour des arches puissantes là où la route traversait le ravin au moyen d'un pont. Voilà comment, tout au moins sur cette face , une reconstruction totale s'imposait comme le seul parti qui pût donner l'assurance que l'ouvrage répondrait aux intentions et aux désirs du prince qui en avait conçu le projet.
Le cas n'était pas tout à fait le même pour le mur oriental. 11 n'y a peut-être jamais eu là qu'une seule porte, à laquelle on ne pouvait arriver que par un chemin montant ou par un escalier. De ce côté, la raideur des pentes ne permettait guère de modifier sensiblement les dispositions adoptées dès le début; il semble donc que le mur de Salomon ait été conservé vers le milieu du mur oriental, c'est-à-dire dans la partie du parallélogramme qui correspond à l'un des côtés du carré primitif (fig. 109, entre les lettres K et H). C'est du moins ce qu'affîr-