‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 3)Chapitre 115 sur 381 · IRois, IX, i · texte numérisé non relu

IRois, IX, i

5. Les notes de Reuss témoignent à chaque ligne de l'embarras que le traducteur éprouve en face de cette partie du texte hébraïque.

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avancée, que la langue même se ressentait de cette inexpérience ; elle manquait de termes qui fussent propres à définir les ouvrages de la plastique. Dans le cours des siècles suivants, cette gaucherie diminue; le prophète de l'exil, Ézéchiel, qui a vécu au milieu des grands monuments de la civilisation chaldéo-assyrienne, sait déjà mieux définir une forme même compliquée et trouver des mots qui la rendent sensible à Tesprit*.

La description du temple est reprise dans les chapitres m et iv du livre II de Touvrage connu sous le nom de Chroniques^ celui qui dans les versions grecques porte le titre de Paralipomènes. La description, à la prendre dans son ensemble, est ici plus courte, moins détaillée; on ne saurait dire pourtant que le rédacteur des Chroniques se soit borné au rôle d'abréviateur. Dans certains passages, il copie textuellement la description du Livre des Rois ou se contente de la résumer; mais ailleurs il donne des détails qui ne se trouvent pas chez son prédécesseur, et même, par endroits, il fournit des cotes dont les chiffres diffèrent de ceux que nous lisons dans Tautre document.

L'autorité des Chroniques est bien inférieure à celle du Uvre des Rois. Tous les critiques s'accordent à reconnaître que cet ouvrage doit avoir été écrit seulement vers la fin du quatrième ou le commencement du troisième siècle avant notre ère*. L'auteur de cette compilation, bien plus éloigné que son devancier des siècles dont il prétend retracer le tableau, est encore bien moins historien; il a beaucoup plus de peine à se figurer les idées et les sentiments des hommes d'autrefois; il les altère bien plus profondément. C'est qu'il se place à un point de vue plus étroit encore, plus purement ecclésiastique ; il est bien plus intimement persuadé que la législation mosaïque, telle qu'il la connaît, a toujours existé, qu'elle a toujours servi ou dû servir de règle aux actions de ses ancêtres. C'est ainsi que de ce David, pâtre, soldat, bandit, brillant capitaine, sultan voluptueux qui, dans le Livre de Samuel, a une physionomie si originale et si vivante, il fait une sorte de prêtre-roi, qui est un personnage de convention. D'autre part, son peu de sens historique se montre aussi dans sa tendance à l'exagération, dans ses hyperboles numériques, soit qu'il prétende évaluer les trésors amassés par David en vue de la construction du temple,

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