Dk VogOé, le Temple de Jérusalem, pp
2. C'est le cas, par exemple, pour ce qu'il dit des fondations du temple de Salomon. Selon lui, la maçonnerie aurait eu, en terre, une profondeur égale à la hauteur de Tédifice, mesurée à partir du sol (ArU. jud,, VJII, m, 2). lï suffit d'avoir jeté un coup d'œil sur la plate-forme du Moria ou sur les plans qui la représentent pour saisir aussitôt l'absurdité de cette assertion. Placé sur le point culminant de la colline , Tédifice devait avoir presque partout des fondations très peu profondes; dans certaines de ses parties, le pied du mur posait, à quelques mètres à peine au-dessous du dallage, sur la roche vive. Dans ce même passage, il assigne aux fondations, en largeur et en longueur, des dimensions exactement pareilles à celles du bâtiment qui le surmontait; or le massif des fondations doit, pour offrir des garanties, dépasser de tous les côtés l'aire occupée par les constructions qu'il supporte. Tout cela ne soutient pas Texamen. Josèphe a confondu ici les fondations du sanctuaire proprement dit avec ces murs de soutènement que Ton peut regarder comme les fondations de ces terrasses artificielles sur lesquelles Salomon avait assis l'ensemble de ces édifices. Ainsi entendue, son affirmation cesse d'être exagérée; ces murs atteignent et même dépassent par endroits cette hauteur de 31 ™,50 qu'il leur prête; mais, soit qu'il n'ait pas compris, soit qu'il ait voulu produire plus d'effet, il a tout brouillé dans sa description.
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témoignage de Josèphe, là où ses assertions ne seront pas confirmées, de manière directe ou indirecte, par un autre document. Il est pourtant possible que la tradition orale lui ait fourni quelques données qui méritent d'être prises en sérieuse considération; le temple avait tenu, dans la vie nationale, une place trop importante pour qu'il ne se fût pas conservé quelque souvenir de ses états antérieurs et de ses fortunes diverses, au moins dans ces familles de prêtres et de chanteurs dont cet édifice était le domicile et la vraie patrie.
De beaucoup postérieurs à Josèphe, les Targumim et le Talmud offrent encore moins de ressources ; on y rencontre partout la subtilité d'un esprit vieilli, qui ne sait plus, prendre les choses dans leur sens naturel, qui épilogue et qui raffine à tout propos. Les paraphrases araméennes peuvent pourtant éclaircir parfois le sens d'une expression obscure; le meilleur commentateur d'Ézéchiel en fait un fréquent usage*. Quant au Talmxid, on y trouve de nombreuses allusions au temple et à ses rites. C'est, il est vrai, le troisième temple qu'ont en vue les rabbins auteurs de cette compilation; mais celui-ci avait assez fidèlement reproduit les dispositions principales des deux temples précédents pour qu'il y ait lieu de tirer parti de tel ou tel renseignement qui se rapporte à l'édifice détruit par Titus.
Tout en cherchant à profiter de ce complément d'information, c'est surtout d'Ézéchiel que nous nous inspirerons. Pas à pas nous suivrons l'ange qui le conduit du seuil de l'enceinte sacrée jusqu'à celui de la partie la plus auguste du sanctuaire ; nous relèverons toutes les cotes qu'il fournit; nous prendrons note de ses moindres indications, comme si c'était à nous que le prophète eût adressé l'appel qui termine la partie principale de sa description : « Toi, fils d'homme, fais connaître ce temple à la maison d'Israël, pour qu'ils aient honte de leurs péchés, et qu'ils mesurent la forme parfaite de cet édifice ! Et s'ils ont honte de tout ce qu'ils ont fait, montre-leur le plan de ce temple, et sa disposition, ses issues et ses entrées, toutes ses formes, ses règles et ses lois, et décris-le sous leurs yeux, pour qu'ils en retiennent le plan et les règles, et qu'ils les pratiquent*. »
On le voit par ces paroles, la restauration du temple, dans la pensée d'Ézéchiel, n'était qu'un moyen; ce n'était pas le but suprême : c'était la préface nécessaire de la restauration du culte et de la purification des
1. Nous voulons parler de Smend, qui, dans les passages altérés ou difficiles, tient souvent compte de la leçon que supposent ou du sens que donnent les Targumim,