De VogCé, le Temple de Jérusalem, ch. m et pi. XIV
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cienne, nous avons longuement insisté sur tous les emprunts qu'elle avait faits à TÉgypte, et Ton a pu voir, dans notre restauration, quelle place nous y avons attribuée à des motifs tout égyptiens, tels que la gorge des corniches, l'ordonnance du péristyle de Tarrière-cour, le débordement des pylônes sur le corps des portes principales, Tinclinaison des faces latérales des portes secondaires. Nous ne saurions pourtant admettre que ni les temples phéniciens de Tyr, de Byblos et de Paphos, ni par conséquent le temple de Jérusalem, aient été de pures copies des temples de Thèbes et de Memphis; nous croyons que la Phénicie a eu une architecture religieuse dont TÉgypte n'a pas fait tous les frais. D'autres éléments y sont entrés, ceux qu'elle a tirés de l'Assyrie et de la Chaldée; c'est ainsi que ces portes si profondes, avec leurs deux vestibules et leur couloir central flanqué de corps de garde, rappellent bien plutôt les portes des villes assyriennes , percées dans d'épais massifs de briques crues, que celles qui donnent accès aux temples égyptiens. Nous avons mis ici en plus d'un endroit, comme couronnement de la muraille, le créneau, qui est né spontanément de l'architecture en brique; l'Egypte parait n'en avoir fait qu'un usage très restreint dans l'architecture religieuse et même dans l'architecture civile : elle ne l'a guère employé que comme moyen de défense, tandis qu'on le rencontre à tout instant en Assyrie, non seulement sur la crête de tous les édifices, quelle qu'en soit la destination, mais encore dans la décoration sculptée ou peinte, comme ornement. Or la Phénicie l'avait adopté en cette qualité ; elle aussi le plaçait comme parure là où il n'avait aucune fonction utile à remplir; on en a la preuve dans ce tombeau d'Amrit où, plaqué à la pierre, il tourne par deux fois autour du cylindre qui fait le corps du monument*.
L'originalité de l'architecture phénicienne est dans le mélange qu'elle fait d'éléments ainsi puisés à des sources diverses; elle est dans le dosage des ingrédients dont se compose ce mélange, dans le titre même de cet alliage ; elle est aussi dans le détour que prend cet art éclectique pour adapter à ses besoins et à ses goûts certaines formes que la nature des matériaux dont il dispose ne hii permet pas de reproduire intégralement. C'est ainsi que l'obélisque, l'aiguille monolithe patiemment taillée dans le granit de Syène devient, en Phénicie, la colonne de métal ou le haut pilier de pierre appareillée; il y perd peut-être en hardiesse et en beauté, mais il n'en