‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 3)Chapitre 18 sur 381 · Pais, La Sardegna, p · texte numérisé non relu

Pais, La Sardegna, p

4. Voir La Marmora, Voyage, H, ch. iv, et Pais, la Sardegna, p. 25-42.

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après l'autre, et nous dirons quelle est celle qui nous parait prêter aux moindres objections et présenter le plus de vraisemblance*.

L'opinion la plus anciennement répandue, c'est que les nouraghes étaient des tombes. Mais s'il en est ainsi, comment se fait-il que, malgré les recherches entreprises à cet effet, on n'ait pour ainsi dire pas retrouvé de cadavres datis les nouraghes? Pas une fouille faite par les soins d'un juge compétent n'a rien donné de pareil. La Marmora ne cite qu'un seul cas d'un corps qui aurait été recueilli près de la chambre du nouraghe, dans une fosse creusée à même le roc, et encore n'a-t-il pas assisté à la découverte; elle avait eu lieu quatorze ans auparavant, et il se borne à reproduire le récit d'un témoin*. Quant aux autres faits allégués, ils se réduisent à des ouï-dire plus ou moins vagues ^ Ce qui nous décide surtout à n'y attacher qu'une médiocre importance, c'est qu'il n'y a, dans le plan des nouraghes, rien qui révèle une destination funéraire. Si le nouraghe était une tombe, pourquoi ces chambres superposées, pourquoi TescaHer, montant jusqu'à la plate-forme supérieure? Y a-t-il trace ici de quelqu'une de ces dispositions qui témoignent du culte rendu par les vivants à leurs morts, et qui permettent de deviner tout au moins certains des rites que comportait cette religion? Au contraire, on ne saurait hésiter sur le caractère d'autres monuments, qui, placés à proximité des nouraghes, sont connus en Sardaigne sous le nom de Tombes des géants. L'instinct populaire ne s'est pas trompé en les qualifiant ainsi ; seuls les géants sont de trop. Puisque nous avons là les sépultures de cette antique population, pourquoi les chercher dans les nouraghes? Il n'est pas admissible que ces deux types, si différents, aient été créés pour satisfaire à un même besoin, que les nouraghes fassent double emploi avec ces espèces d'allées couvertes, et, d'autre part, c'est bien aux mêmes tribus que Ton doit ces deux catégories de monuments : même procédé de construction, en grandes pierres assemblées sans ciment; les objets que l'on trouve dans ces tombeaux appartiennent à la même industrie que ceux qui ont

\ . Rien à tirer des dénominations que l'usage loeal attache aux différents nouraghes ; elles sont toutes modernes; la plupart s'expliquent soit par la position du monument près d'un pont, d'un arbre ou d'une fontaine, soit par le nom du propriétaire du fonds, soit par celui d'une église voisine, soit par quelque circonstance aussi insigniOante. Les seuls noms que l'on cite comme pouvant remonter à l'antiquité sont ceux des nouraghes Mercurio ei Adoni; dans ce dernier on prétendrait retrouver le mot phénicien Adonai, seigneur; mais ces faits sont trop peu nombreux et susceptibles de trop d'explications pour qu'il y ait à en tenir compte (La Marmora, Voyage, U, p. 47-48 et 61).

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