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L'AKGHITECTURE RELIGIEUSE.
ridée de l'aspect sous lequel il s'offrait là où il avait été travaillé avec le plus de soin (fig. 203). C'était aussi le pieu ou acheva^ diminutif de l'arbre sacré aux branches duquel était peut-être emprunté le bois dont il était fait. Plusieurs textes établissent une relation entre Vachéra et les Achtoret ou Aslartés, dont le nom revient si souvent sur les lèvres irritées des prophètes*; il est donc possible que ce pieu ait eu dès l'origine ou plutôt qu'il ait pris, au contact des religions syriennes, le caractère d'un emblème phallique, emblème qui avait sa place marquée là où l'on adorait la déesse de l'amour et de la génération, au milieu des cérémonies d'un culte qui introduisit parfois jusque chez les Hébreux le rite des prostitutions sacrées*.
Bétyles cachés sous les châles et les tapis, comme le sont aujourd'hui les tombeaux des sultans et des saints de l'islaînisme, dans les turbehs des villes de l'Asie Mineure et de la Syrie , cippes presque informes ou plus ou moins adroitement façonnés par un ciseau déjà maître de la taille, pieux auxquels étaient attachées des écharpes et des banderoles, idoles montées sur des socles ou bien abritées dans des niches, tentes dressées à l'ombre des térébinthes et pleines d'une foule joyeuse et bruyante qui venait, aux fêtes de printemps et d'automne, « manger et boire devant le Seigneur », tout cela constituait un ensemble qui aurait sans doute paru très pauvre à un sujet de Ramsès ou à un concitoyen de Périclès, mais qui pouvait sembler imposant à un pâtre ou à un laboureur chananéen et parler à son imagination.
Dans ces hauts lieux, tels que nous nous les sommes représentés, c'était à ciel découvert que se célébrait le culte. Tout au plus un dais mobile, fait de branchages ou de tissus aux couleurs variées, servait-il parfois à protéger contre les intempéries soit les fidèles.
203. — Cippe phénicien de Kition. Corpus inscription um semiticarum,Pars I, pi. vin, fig. 44.