Osée, m
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lèrent de bonne heure dans cette voie. Les premiers n'eurent pas une civilisation originale ; quant aux seconds, lorsque leur génie s'émancipa et grandit, le tour que prit chez eux la pensée religieuse vint couper court à tout essor de la sculpture. Dès le huitième siècle et peut-être avant, les prophètes commencent à prêcher avec passion contre toutes ces idoles qui risquent de faire oublier à leurs compatriotes le grand dieu national, et pour qu'Israël ne puisse pas confondre son maître et seigneur avec tous les Baals syriens qui lui font concurrence, ils condamnent comme une impiété, comme un crime, tout essai de prêter à lahvé une forme sensible. Dans son emportement logique, leur puritanisme aboutit à la défense de faire aucune image taillée ou fondue d'un être vivant, quel qu'il soit, de l'homme ou de l'animal. Sans doute, dans la pratique, cette règle fut sans cesse violée; elle contrariait des habitudes déjà trop enracinées; elle était en quelque sorte contre nature et les exemples que les Hébreux recevaient de tous leurs voisins contribuaient encore à les détourner d'obéir docilement à ce précepte. Jusqu'aux jours de l'exil et même longtemps après, on continua donc de façonner des téraphim de bois, de métal et d'argile; mais les rois pieux proscrivirent et brisèrent les images qu'avaient dressées leurs prédécesseurs, et sous un Ezéchias ou un Josias les artisans qui vivaient de ce métier ne travaillaient plus qu'en cachette, comme des malfaiteurs. Voici comment Jérémie parle des sculpteurs, de ces artistes pour qui la Grèce n'aura jamais assez de couronnes et assez de gloire : « L'art des hommes les a rendus tous insensés; les statues sont devenues la confusion de ceux qui les ont faites, parce que leur ouvrage n'est qu'un mensonge et une matière qui n'a point de vie*. » Un art ainsi découragé, ainsi tenu en suspicion par les conducteurs spirituels du peuple, par les plus nobles représentants de^son génie, ne devait pas se développer; Israël n'a pas eu, ne pouvait pas avoir de statuaire.
Là où la sculpture reste dans l'enfance, on ne saurait beaucoup attendre de la glyptique, dont le rôle se borne à réduire et à faire entrer dans le cadre étroit de ses menus ouvrages les types que la sculpture a créés. Le cachet n'en était pas moins un article de première nécessité
\. Jkrémik, li, m.
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aussi bien pour le Juif que pour le Chaldéen ou le Phénicien. L'usage en était si universellement répandu, au temps où fut rédigé la Genèse, que rimagination le prêtait alors même aux héros légendaires de Tâge patriarcal. C'est ainsi que Juda remet à Thamar, comme gages, son bâton, son collier et son sceau*. De même aussi l'auteur de l'Exode, dans la description qu'il donne du costume sacerdotal d'Aaron, prodigue les pierres dures, serties dans l'or et suspendues à des chaînettes du même métal ; il en met deux sur les épaulettes, et douze sur le pectoral, et sur toutes sont inscrits, ici six par six, là un à un, les noms des tribus d'Israël; « c'est un ouvrage de gravure sur pierre, comme des gravures de cachet » *. A ces derniers mots et à tout ce luxe de gemmes, on devine que les Israélites, lorsque furent écrites ces pages, étaient familiers avec l'art de l'intaille, que chacun, scribe ou marchand, portait son cachet suspendu au cou par une cordelette ^
Jérusalem, Samarie et même de plus petites villes devaient donc avoir, dans leur bazar, quelques boutiques où l'on taillait l'hématite et la cornaline, le jaspe et l'onyx*; l'acheteur y faisait graver son nom sur la pierre qu'il choisissait, à côté de symboles et d'ornements préparés d'avance. Comme tout métier qui est dans un petit nombre de mains, celui-ci donnait de beaux bénéfices; il est donc probable que des ouvriers israélites firent effort pour l'apprendre et y acquirent une certaine habileté ; mais les graveurs les plus recherchés durent toujours être d'origine phénicienne. Les Phéniciens fabriquaient l'intaille en gros, pour l'exportation; ils fabriquaient ces pâtes de verre historiées qui, par leur bas prix, mettaient le cachet à la portée des plus pauvres; tous les secrets de ce travail minutieux et délicat leur étaient connus. Ce fut donc à eux que l'on s'adressa quand, sous David et ses premiers successeurs, on voulut se pourvoir de sceaux qui ne parussent pas moins soignés que ceux dont se servaient les gens de marque dans les pays voisins, et, alors même que, dans l'intérieur de la Palestine, les artisans indigènes eurent, avec plus ou moins de succès, commencé de faire concurrence à leurs maîtres, ceux-ci n'en continuèrent pas moins
i. Genèse, xxxviii, 18.