‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 3)Chapitre 290 sur 381 · Théodorkt, Histoire ecclésiastique , p · texte numérisé non relu

Théodorkt, Histoire ecclésiastique , p

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que nous étudions ici, sont représentés au moyen d'un idéogramme.

Pourvu que Ton admette le postulat de Tidentité du texte assyrien et du texte hittite, voilà donc six des caractères de ce dernier dont la valeur serait fixée. Nous ne saurions suivre M. Sayce dans la série des remarques, des comparaisons et des raisonnements ingénieux par lesquels il arrive à indiquer, pour une trentaine d'autres signes, des valeurs qu'il considère comme plus ou moins probables *. On pourra trouver que telle ou telle de ces conjectures ne repose que sur un léger fondement ; cependant , si certaines des déterminations proposées restent encore très douteuses, on peut affirmer que M. Sayce n'a pas deviné au hasard, qu'il a une méthode. L'alphabet cypriote est venu fort à propos fournir un moyen de contrôle et permettre de faire la preuve de l'opération.

L'alphabet cypriote avait résisté longtemps à tous les efforts des érudits ; ils ne savaient comment interpréter ces signes étranges et compliqués qu'ils rencontraient à Cypre, et là seulement, sur les monnaies et dans maints textes gravés soit sur la pierre, soit sur le bronze, dédicaces ou contrats ; ils prétendaient y trouver une ancienne langue cypriote, un idiome asiatique. George Smith est parvenu le premier à établir, par l'étude des textes bilingues, que sous ces lettres il ne fallait pas chercher autre chose que le grec cypriote, qui se rattache au groupe des dialectes éoliens. Quant à l'alphabet, il s'est maintenu en usage dans l'île, à côté de l'alphabet grec ordinaire, au moins jusque sous les premiers Ptolémées. 11 devait se composer d'environ soixante signes, dont cinq voyelles (a,6,i,o,u) et douze consonnes (x,T, X, (x,v, X,p,F^y, <T,$, 2^), la plupart de ces consonnes ayant cinq différentes formes, selon la voyelle inhérente (par exemple xa, xe, xi,xo,xii); certaines lettres, comme le y, le $, le C, n'avaient peut-être pas la série complète des cinq signes. Les aspirations paraissent faire absolument défaut, ou du moins n'avoir pas été notées. On a peine à comprendre que les Grecs de Cypre, quand ils ont été mis en possession de l'alphabet phénicien, n'aient pas aussitôt renoncé à l'instrument fort incommode dont ils s'étaient servis jusqu'alors. On ne s'explique cette singularité que par l'esprit très conservateur qui régnait dans ce monde lointain et fermé de l'hellénisme cypriote ; à l'ombre des temples, entre les mains des prêtres, cet alphabet, le seul qu'eussent connu et pratiqué les ancêtres vénérés, était devenu une sorte

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