Euiuk. Bas-rclicf. Exploration, pi. lx
dirait qu'il l'offre, comme un objet sacré, aux respects de l'être inférieur qui lui fait vis-à-vis.
Le bloc qui suit (8 du plan) était renversé ; nous l'avons fait relever, et c'est ainsi que s'est trouvé changé le sens de la marche ; ces six personnages (lig. 336) devaient aussi se diriger vers l'autel. Ils font penser aux figures qui, à lasili-kàia, forment la queue du cortège de gauche (pi. VIII, A) et se retrouvent dans le couloir, en face de l'image divine (fig. 319) ; c'est ce même défilé, assujetti à un certain rythme. L'attitude est la même ; seulement il n'y a pas ici d'armes. On remarquera la coiffure, qui se voit très bien dans la seconde figure; c'est une mèche de cheveux qui part du sommet de la tête. Le vêle-
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LES HEÏEENS.
meut est la tunique courte, avec ou sans ceinture à bouts pendanU. Une pompe du même genre parait avoir été figurée de l'autre côté de Tallée, sur la partie du soubassement qui était à droite du passage; mais là, semble-t-il, le cortège n'était pas coupé en deux par la représentation principale; il aboutissait à un bas-relief placé sur le rentrant du mur, tout contre le sphinx de droite. Ce bas-relief, nous ne l'avons pas vu; le bloc qui le porte gisait à terre, renversé la face contre le sol:
.'J35. — Kuiuk. Bas-relief. Exploration, pi. lvi.
c'est probablement celui que nous avons indiqué sur notre plan à gauche du numéro 17*; il est de ceux que nous n'avons pas eu le temps de redresser. De ce côté, la plinthe sculptée a été toute bouleversée par le travail qu'ont fait les habitants du village pour construire leur lavoir; certaines dalles, qu'ils ont trouvées trop lourdes, ont été déplacées; d'autres sont cachées dans l'épaisseur de la maçonnerie moderne. 11 faudrait, pour retrouver toute la suite des bas-reliefs de cette série, soulever toutes les pierres et démolir le lavoir.
En juin 1881, sir Charles Wilson, allant de Smyrne à Sivas, avec
\ . C'est ce qui semble résalter du croquis d'un plan que donne M. Ramsay dans la dissertation que nous avons déjà citée [On the early historical relations, etc.), p. 17.
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LE PALAIS D'EUIUK, 677
M. Ramsay, s'arrêta à Euiuk pour en visiter les ruines. Il n'entreprit pas de fouilles; mais il fit remuer par les paysans quelques-uns des blocs qui gisent là dans la poussière, et Tun d'eux, celui qui faisait face à la plaque mentionnée en dernier lieu, lui offrit une représentation curieuse, que nous avons le regret de connaître seulement par une description ; point de dessin ni de photographie. Voici comment M. Ramsay expose ce qu'il a vu : « A droite du tableau qui est sculpté sur une des faces de la plaque, une déesse est assise; ses pieds posent sur un tabouret, et Tun d eux est porté en avant; la figure est très usée, mais, dans tout ce qui en reste, elle est exactement semblable à celle que M. Perrot a représentée dans la planche LXVl de son Exploration archéologique. Vers cette déesse marche une procession, conduite par la figure dans laquelle, à Boghaz-keui et à Euiuk, j'incline à reconnaître, avec M. Perrot, le grand prêtre eunuque de Cybèle. Son costume est ici le même que dans tous les autres bas-reliefs de la Ptérie où nous avons rencontré son image; de la main droite il tient, comme d'ordinaire, le lituus; mais, ici, de la gauche il verse, avec une œnochoé, un liquide qui tombe sur les pieds de la déesse assise. Derrière ce prêtre marche la prêtresse, dont les mains font le geste qui semble caractériser les femmes dans l'art de la Cappadoce. La main droite tient, en avant du visage, un objet rond; la main gauche porte vers les lèvres un autre symbole indéterminé. Impossible de dire aujourd'hui si l'image avait des pendants d'oreilles. Cette prêtresse est vêtue de la longue robe traînante qu'elle porte dans le groupe représenté sur la planche LVI de V Exploration^ figure 1 (notre figure 328). Derrière elle viennent deux autres figures, qui sont très effacées; elles semblent avoir eu pour costume une tunique courte et un manteau jeté de manière à couvrir une des jambes et à laisser nue celle qui se porte en avant. Il est heureux que les figures du milieu n'aient pas autant souffert, que nous puissions y voir ce prêtre et cette prêtresse en chef qui sont déjà mis en scène dans l'autre partie de la décoration, à gauche de la porte*. »
L'artiste cappadocien ne disposait pas d'une grande variété de formes; nous retrouvons donc ailleurs tous les types ici décrits. A part le détail de la libation, qui est nouveau, le groupe du prêtre et de la prêtresse est presque pareil à celui qui forme le centre du cortège de gauche (fig. 328); quant à la figure assise, qui parait être la divinité
\, Ramsay, On theearly historical relations, pp. \1-\S.
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LES HETKENS.
même en Thonneur de laquelle se célèbre la cérémonie, nous en avons une réplique sur le petit côté du bloc qui forme à droite Tangle du passage (11 du plan). Ce bloc répète symétriquement celui où est représenté le taureau sur un piédestal (7 du plan, fig. 329); mais, par une singulière anomalie, la face latérale est restée nue, tandis que celle qui lui correspond, de l'autre côté de Tentrée, porte un bas-relief (fig. 336). Il n'y a de sculpture au bloc de droite que sur Tétroite
tranche qui regarde Textérieur (fig. 337). Comme celle qu'a vue M. Ramsay, la figure est assise, vêtue d'une robe longue, les cheveux tombant sur le dos, le cou orné d'un collier; de sa main droite elle semble porter une tasse à sa bouche, détail qui rappellerait la libation figurée dans le bas-relief que nous n'avons pas vu ; la gauche tient levé un objet difficile à définir, mais qui pourrait être une fleur, de la famille des nymphéacées ou des liliacées. On remarquera la chaussure : la pointe du soulier se replie en arrière au point de former une sorte d'anneau.
A droite de cette figure, la procession continuait, les personnages marchant vers la gauche; mais toute la partie supérieure des figures est détruite, comme on peut en juger par le bas-relief qui touche à l'image de la divinité (12 du plan, fig. 338). Nous n'aurions pas reproduit ici ces sculptures si frustes, n'était que l'on distingue ici mieux peut-être que partout ailleurs un détail de costume qui ne se rencontre, à notre connaissance, qu'à lasili'kaia et à Euiuk, cette sorte d'épais bourrelet qui se profile, parallèle au corps, en avant des personnages. En face des originaux, nous ne sommes pas arrivés, M. Guillaume et moi , à nous expliquer ce que le sculpteur avait voulu figurer ainsi. Que représente ce gros trait? Est-ce la ganse d'une lourde cape en laine jetée sur l'épaule, ou bien le bord d'un bouclier oblong, porlo
."<37. — Eiiiuk. Bas-rolief. E.rplorafion, pi. lxvi.
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LE PALAIS D'EUIUK.
sur l'épaule? Ce qui rendrait plus vraisemblable peut-être cette dernière conjecture, au moins pour le bas-relief en question, c'est la barre oblique qui traverse en biais les ligures ; ce serait la courroie à laquelle était suspendu le bouclier.
Il y a, sur le bloc suivant (13 du plan), la trace de trois ligures pareilles; mais on n'en distingue plus que la partie inférieure*. En