‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 3)Chapitre 347 sur 381 · Le lion de Kalaba. Exploration, pi. xxxii · texte numérisé non relu

Le lion de Kalaba. Exploration, pi. xxxii

dimensions de la dalle où le lion est sculpté sont de r",37 en largeur et 0"',83 en hauteur; elle n'aurait donc 'pu s'adapter à l'ouverture en question. Le tombeau n'a d'ailleurs pas gardé trace d'une décoration extérieure. Il est probable que la dalle de Kalaba a fait partie de la décoration d'un édifice, d'un de ces revêtements en pierre comme nous en avons trouvé à Sindjirli (fig. 269), à Saktchégheuhou (fig. 279) et à Euhik (fig. 328-338). C'est là une des raisons qui nous porteraient à croire que le bas-relief est antérieur au temps où les Phrygiens se sont établis dans cette contrée. On n'a jusqu'à présent aucun motif de penser que les rois phrygiens se soient bâti des palais où les murs des

L Voir la photographie reproduite dans la planche XXXH de VExplomtion archéologique.

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71i LES HETEENS.

façades el des appartements fussent ornés, à leur partie inférieure, d'une plinthe sculptée ; nous avons au contraire la preuve que les Hétéens, ceux de la Cappadoce comme ceux de TAssyrie, avaient emprunté cette disposition aux architectes assyriens.

Ce qui, à nos yeux, est peut-être encore plus significatif, c'est la facture môme du morceau. Dans les nécropoles des environs de Seidel-gazi qui renferment les tombes des vieux rois de Phrygie et de leurs contemporains, le lion est souvent représenté; mais là son image n a pas tout à fait le même caractère qu'ici. Les proportions du lion de Kalaba sont plus allongées, le dessin est plus nerveux et plus ferme que celui des lions de Kunibet, qui comptent parmi les meilleurs échantillons de Tart phrygien*. On se sent ici bien plus près des modèles assyriens; remarquez surtout la tête, avec son modelé à la fois conventionnel et énergique, ainsi que les attaches des membres. Cela fait songer aux lions des chasses d'Assourbanipal; la seule différence, c'est que Texécution, tout en gardant beaucoup de franchise et de vigueur, est ici un peu plus sommaire qu'à Ninive; or, nous l'avons reconnu, un des traits qui distinguent le sculpteur hétéen, c'est qu'il incline à supprimer ou tout au moins à simplifier le détail.

S'il peut subsister quelques doutes au sujet de ce bas-relief, on ne saurait avoir même un instant d'hésitation à propos d'un autre monument, qui, lui aussi, était inconnu avant notre voyage. Nous l'avons découvert dans la province A' Hdimaneh^ à neuf heures au sud-ouest d'Ancyre, près du petit village à'Hoïadjà^\ ces ruines sont connues des paysans qui habitent ce district sous le nom de Ghiaour-kalésiy « la forteresse des infidèles ».

Ghiaour-kalési occupe le sommet d'un haut mamelon à silhouette quadrangulaire , qui domine une gorge assez creuse, où jaillit une source et où passe une des routes les plus fréquentées de l'Haïmaneh, celle peut-être qui allait autrefois d'Ancyre à Pessinunte, par Gordion. C'est pour fermer ce chemin et commander à tout ce district qu'a été construite la forteresse dont nous avons les premiers relevé le plan (lig. 351 )^ La partie la plus élevée du mamelon forme une sorte de réduit ou de donjon à peu près rectangulaire, qui a 16 mètres sur 34 ;

i. G. Perrot, Exploration archéologique, pi. VII.

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