‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 3)Chapitre 349 sur 381 · TOUR IV · texte numérisé non relu

TOUR IV

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LES HETEENS.

rencontrés en Ptérie ; mais la ressemblance est loin d'être aussi frappante qu'à Ghiaour-kalési; nous n'avons vu nulle part, en Cappadoce ni en Syrie, dans la main du prêtre, cette sorte de caducée. La sculpture est d'ailleurs très fruste ; le caractère de l'exécution n'est plus assez marqué pour pouvoir servir à trancher la question d'origine. Si nous inclinons à rattacher cet ouvrage à l'art cappadocien, c'est surtout à cause

353. — Bas-relief de Doghanlou-dérési. D'après un croquis de Ramsay. Hauteur, 0™,7i.

des signes qui se voient dans le champ, au-dessus de l'autel ; ils paraissent appartenir à l'une des variétés de Tantique système de signes dont la Syrie septentrionale oifre les types les plus parfaits ; dans celui-ci, l'oiseau figure souvent*, et nous retrouvons les deux bonnets sur le linteau d'une porte, en Cilicie (fig. 274)^. Enfin, d'un tumulus

{, Voir la dernière ligne de Tinscription, figure 2oH.

2. M. Ramsay, qui, en 1882, paraissait hésiter {Journal, t. HI, p. 10), est maintenant tout à fait d'avis de voir ici un monument hétéen (lettre du 4 janvier 1886), et personne ne connaît mieux que lui les monuments de l'Asie Mineure. Il serait d'avis de rattacher

voisin, M. Ramsay a retiré une inscription en hiéroglyphes hétéens, qui est encore inédite ^

Les monuments variés que les Phrygiens ont élevés dans ce canton, qui est devenu pour eux un centre politique et religieux de première importance, ont pu contribuer h efifacer les vestiges du séjour qu'y avaient fait et des travaux qu'y avaient exécutés leurs predecesseurs.il n'en demeure pas moins démontré, par le lion de Kalaba, par les figures de Ghiaour-kalési et par la découverte d'hiéroglyphes hétéens auprès du tombeau de Midas, que les Hétéens occidentaux ont franchi l'Halys, qu'ils ont fait sentir au delà de ce fleuve et jusque dans le bassin du Sangarius l'ascendant de leur puissance militaire et celui de leur civilisation.

§ 3. — LKS UONUMKNTS HKTÉENS DE LA LYCAONIE.

Les Hétéens de la Cappadoce, ceux qui avaient leur capitale dans la Ptérie, ont abordé le plateau central par les gués du moyen Halys et par la route dont Ancyre était une des étapes ; mais c'est par une autre voie que s'y sont répandus et qu'y ont propagé leur écriture et leurs arts les fils de la même race qui occupaient la Cilicie, laquelle fut pendant longtemps une simple annexe de la Syrie septentrionale. Le mouvement de translation et de propagande paraît même avoir été, dans cette direction, plus actif encore et plus efficace, la pression exercée sur l'Occident paraît avoir été plus forte. En efifet, il y a en Lycaonie, c'est-à-dire dans toute la partie méridionale du plateau anatolien, plus de monuments hétéens qu'en Phrygie, il y en a plus de ceux qui portent la marque incontestable de cet art que caractérise l'emploi de l'écriture dite hamathéenne. C'est par le long défilé connu sous le nom de Portes cilicienneSy à travers le Taurus, que, partant de Tarse, les armées ou les caravanes qui venaient de Cilicie débouchaient dans les hautes plaines de l'intérieur; or il se trouve justement que, des deux côtés de l'issue de ce passage, à Tyana et à Ibriz^ on signale des monuments dont l'origine hétéenne ne saurait être révoquée en doute.

Dana ou Tyana, très ancienne ville que mentionnent déjà les inscrip-

à celte môme série le bélier colossal qui a été découvert, sculpté dans un bloc de rocher, tout près du bas-relief que nous avons reproduit {Journal, pp. 25-26 et pi. XX). Là, pas d'hiéroglyphes, et l'image que nous avons sous les yeux est si peu nette, que Ton ne saurait juger de la facture; nous nous abstiendrons donc de nous prononcer. \. Leitre du 4 janvier 1886.

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lions assyriennes et où a passé Xénophon, était, à Tépoque romaine, le chef-lieu de Tune des préfectures de la Cappadoce* ; elle est d'ailleurs tout à Textrémité de cette province, et la plaine qui formait son territoire n'est qu'une prolongation du steppe lycaonien. M. Hamsay a vu là, en 1882, dans la maison d'un (irec, une dalle qui porte un texte hétéen en quatre lignes, au-dessus du buste, dessiné au trait, d'un personnage barbu, coiffé de la tiare cylindrique; il n'a pu, par malheur, en prendre qu'une copie très sommaire*. Ce que le monument a de curieux, c'est que les caractères, quoique appartenant bien au même type que ceux des inscriptions du Naharana, sont gravés en creux au lieu de l'être en relief.

L'autre monument auquel nous avons fait allusion est voisin du village A'ibriz^y qui est à trois heures au sud-est de la petite ville A'Eregliy laquelle a succédé à l'antique Kybistra, plus voisine encore de la Lycaonie que ne l'est Tyana. Ibriz n'est pas dans la plaine, comme Eregli, mais au pied de la montagne qui porte aujourd'hui le nom de ce village, de Xlbriz-dagh^ un des contreforts du Bulgar- Daghy qui est un des principaux sommets du Taurus cilicien. Des eaux abondantes descendent de hauteurs que couvrent d'épaisses forêts. Le pays est fertile et verdoyant; partout, sur les pentes inférieures et dans les fonds, de beaux noyers et d'autres arbres fruitiers ; la vigne réussit admirablement dans tout ce district.

Le bas-relief (fig. 354) qui attirera désormais dans ce village plus d'un voyageur avait été vii jadis par un officier allemand, Fischer; celui-ci en avait rapporté un très médiocre croquis, que Ritter a reproduit dans son grand ouvrage*; mais la première description détaillée et la première image fidèle ont été données il y a dix ans par un voyageur anglais, le révérend E.-J. Davis, chapelain du consulat an-

i. L'emplacement a été reconnu près du village de Bor^ qui est marqué sur la carte de Kiepert.

2. La copie de M. Ramsay est reproduite dans Wright, The Empire, pi. XV. La découverte du monument avait été annoncée par M. Sayce, dans une lettre adressée à VAcademy [^ août i882, p. ^02). On y trouvera quelques détails sur les circonstances qui ont empêché M. Hamsay de rapporter une meilleure copie du monument.

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