‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 3)Chapitre 43 sur 381 · Pais, BnUvUinn, 1884, p · texte numérisé non relu

Pais, BnUvUinn, 1884, p

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STATUETTES ET BARQUES VOTIVES. 77

plupart proviennent de ces plateaux qui dominent à Test et au nord la grande plaine fertile du Campidano. La trouvaille la plus importante, celle dont les circonstances sont le mieux ou plutôt le moins mal connues, a été faite dans une vallée reculée qu'arrose un affluent de la rive droite du Tirsos, le Toloro. Ce n'est pas qu'un savant ou du moins un observateur ait assisté aux découvertes; à vrai dire, pas plus dans les nécropoles des villes phéniciennes du littoral que dans les nouraghes et les tombes des indigènes de l'intérieur, il n'a jamais été exécuté en Sardaigne de fouilles méthodiques, de celles où sont relevées et notées, heure par heure, la disposition des objets recueillis, les profondeurs où ils ont été aperçus et les moindres incidents de la poursuite * ; mais enfin, peu de temps après le moment où les objets étaient sortis de terre , on a recueilli le témoignage de ceux qui les avaient déterrés; on a pu former des séries composées de monuments jadis tous réunis dans un même dépôt, et restituer ainsi des ensembles, qui donnent quelque idée de la vie des indigènes et du degré de civilisation où ils étaient parvenus *.

Le lieu dit Abiniy maintenant célèbre en Sardaigne par le butin archéologique que Ton en a tiré, se trouve à 10 kilomètres environ vers le nord du village de Teti, marqué sur notre carte (fig. 2). On n'y arrive que par des sentiers difficiles, en traversant un défilé où se remarquent les restes d'ouvrages de défense; c'est le point que l'on appelle sa bidda de sa domo ^ « la ville de la maison w. Après avoir franchi cette gorge, on débouche dans une espèce d'entonnoir, sur un petit plateau que traverse le Toloro et qu'entourent de toutes parts des montagnes d'un aspect sévère ; il y avait jadis là un village aujourd'hui abandonné, Abini; l'endroit d'où, à plusieurs reprises, on a extrait des antiquités, porte plus particulièrement le nom de sa bidda de sa baddcy « la ville de la vedette » (fig. 29). On y aperçoit les restes de ce que

^. Noos ne faisons qu'une exception, pour les fouilles qu'Elena avait commencées dans la nécropole de Cagliari; par malheur, elles n'ont porté que sur un petit nombre de. tombes.

•2. La plupart des renseignements qui suivent sont empruntes au travail que M. Pais a publié dans le Bulletin archéologique sarde, 1884, sous ce titre : Il ripostiglio di ln*onzi di Abini presso TeU{pp. 67-179). Nous ne pouvons qu'exprimer un 1res vif regret d'apprendre que cette publication périodique, appelée à rendre tant de services, ne continuera pas; il est déplorable que M. Pais n'ait pas trouvé là où il pouvait l'espérer un concours assez empressé pour pouvoir faire vivre un recueil qui, bien mieux que les Nolizie degli scavi, aurait pu tenir les savants du continent au courant des découvertes qui se font en Sardaigne et leur signaler les plus curieux des monuments que renferment les collections publiques et privées de l'Ile.

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Ton a pri^ pour un grand nouraghe, composé d'un réduit central flanqué de quatre tours plus petites que relie une muraille (fig. 29, 1). La tour principale a été détruite. Dans le voisinage, on croit distinguer les débris de plusieurs autres nouraghes plus petits , qui n'étaient peutêtre que des maisons (fîg. 29, 2).

C'est dans l'enceinte du grand nouraghe qu'a été faite, en 1865, la première découverte, par des paysans de Teti, au milieu des décombres à demi cachés sous un fourré d'yeuses et d'oliviers sauvages ; à la profondeur d'environ un mètre, ils trouvèrent une espèce de vasque construite en pierre, d'où ils tirèrent des figurines et des armes en bronze qui sont depuis entrées au musée de Cagliari. En 1878, nouvelles fouilles, plus fructueuses encore, entreprises par les paysans sur le même point, parmi les arbres qu'ils abattaient et les pierres qu'ils retournaient; accouru en toute hâte, le professeur Vivanet, commissaire royal pour les antiquités, put se rendre acquéreur de la plupart des objets et les donner au musée de Cagliari. M. Gouin acheta des terrains dans le voisinage du nouraghe, et, en 1882, il commença des fouilles; par malheur, il ne put les diriger lui-même, et la personne qu'il avait chargée de les conduire n'en a donné qu'une relation très insuffisante, qui est loin de satisfaire la curiosité *. A une vingtaine de mètres de l'endroit où avaient travaillé les paysans, elle fit attaquer un petit plateau, qui a environ 25 mètres de long sur 5 mètres environ de large. C'est ce que l'on appelle Inter roga,^, « entre les roches ». Il y avait là des traces de constructions, sans doute des fonds de cabanes, où l'on recueillit, au milieu d'abondants débris de cuisine, des figurines, des armes et des poteries.

On avait d'abord repris les recherches dans l'intérieur du nouraghe; mais on n'y avait trouvé que peu de chose à glaner. En revanche, le rapport signale un fait qui a son importance : après avoir enlevé les tas de terre et de matériaux qui étaient accumulés sur ce point, les ouvriers étaient venus buter contre un pavage assez grossièrement établi.

Ce pavage est-il celui d'une chambre couverte, ou n'indiquerait-il pas plutôt l'emplacement d'une cour dallée, qu'aurait entourée le mur dont le tracé est indiqué sur notre plan (fig. 29, 1)? Y a-t-il eu là vraiment un nouraghe, ou seulement une sorte de sanctuaire à ciel ouvert, enveloppé d'un rempart dont les quatre angles étaient fortifiés?

i. Notizie degli scavi, ^882, p. 378. Par erreur, ce compte rendu a été imprimé sous le nom de M. Nissardi, qui n'en est pas rau(eur.

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Telle est la question qui se pose, mais que nous ne sommes pas en mesure de résoudre ; les données nous manquent. Tout ce que Ton sait, grâce à Texamen auquel se livra M. Gouin, c'est qu'une partie des objets ramassés en 1878 avaient été trouvés dans une sorte de cachette (fig. 29, 1, A) dont il put encore prendre le croquis suivant (lig. 70). Sous de grosses pierres, restes du bâtiment détruit, il y avait

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