Sections des ëpées de Teti, d'après Baux
L'âge de pierre a laissé des traces en Sardaigne; il y a eu un temps, antérieur aux rapports avec la Phénicie, où les peuplades établies dans cette île se servaient d'outils et d'armes en pierre dure. Les pointes de flèche en obsidienne ont été ramassées en grand nombre sur certains points*. On cite aussi un ciseau de basalte, aiguisé par les deux bouts, qui a été trouvé dans le district de Paidi Gerrei^, Ces objets ont d'ailleurs été peu étudiés jusqu'ici ; ils sont rares, en comparaison de la très grande quantité d'armes de bronze que l'île a données. Lorsque, dans celle-ci, la population acquit une certaine densité, on y avait déjà appris à fondre et à travailler le métal.
De toutes les armes qu'employaient les tribus qui ont fabriqué les statuettes trouvées à Teti et dans d'autres dépôts, celles qui attirent le plus l'attention , ce sont ces épées que nous avons vues dans la main de plusieurs figurines (fig. 51, 52, 54, 62) ^ Elles varient en longueur de 1",30 à 80 centimètres environ. Il serait possible que les plus longues, très lourdes avec une grosse nervure et un tranchant faible, n'aient pas été fondues à titre d'armes de combat, qu'elles l'aient été seulement comme objets votifs; plus elles seraient grandes, plus l'offrande semblerait avoir de valeur. En tout cas, celles de ces armes qui ont dû rendre le plus de services et qui sont le plus soignées ont de moindres dimensions; leur longueur moyenne est de 80 à 90 centimètres. Elles n'ont ni soie ni trous pour des rivets ; une simple échancrure, pratiquée sur les deux côtés du tranchant,
\, Pais, Bullettino, i884, n°« I-H, p. 30.
2. Cel iusirument a 0™,18 de long, 0"*,06 dans sa plus grande largeur, et environ 0",04 d'épaisseur. Un bout est usé, l'autre est bien conservé. H appartient à ce que l'on appelle Tépoque néolithique.
3. Pais, BuUettino, 188^, p. 130-140. Baux et Gouin, Eamisttr les nuraghes, p. 204.