Hérodote, I
3. Alex. Bertrand, la Gaule avant les GauloLs, 1884, pp. 149-172. Evans, PAge du bronze, p. ol2 et suivantes.
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CARACTÈRES GÉNÉRAUX DE LA CIVILISATION SARDE. il3
chez les armuriers de la Gallura; il laissait aux chasseurs des villes leurs armes perfectionnées, qui ne lui inspiraient pas confiance. Même parti pris chez le peuple des nouraghes ; il aurait pu acheter des armes de fer à Karalis et à Tharros ; mais elles lui auraient coûté cher, et il serait ainsi devenu tributaire de l'étranger ; il préférait les épées, les poignards, les lances de bronze qu'il savait fondre lui-même. De cette manière il était toujours sûr d'avoir à sa disposition, pour défendre ses foyers, les armes auxquelles il était accoutumé; les marchands sémites , en temps de guerre , cessaient-ils de lui fournir le minerai d'élain , il avait toujours la ressource de jeter au creuset, pour une seconde fusion, les vieux bronzes hors de sei^vice?
Si le peuple des nouraghes , tant qu'il garda son indépendance et son originalité, n'a pas employé le fer, on ne saurait donc en conclure que sa civilisation remonte à ces siècles lointains où ce métal était encore inconnu dans le bassin de la Méditerranée. D'autre part, on n'a que l'embarras du choix quand on veut relever les indices par lesquels se trahit l'influence que la Phénicie, représentée surtout par Carthage, a exercée sur l'art sarde. Quelles divinités adoraient ces tribus et quel nom leur donnaient-elles ? Nous l'ignorons; mais le dieu dont nous trouvons l'image à Teti pourrait bien n'être qu'une forme plus ou moins altérée d'un Baal phénicien, et le culte qu'on lui offrait parait s'être ressenti des souvenirs que laissaient aux indigènes les visites qu'ils avaient souvent l'occasion de faire aux sanctuaires puniques, soit dans rile même, soit en Afrique. Un des traits caractéristiques de ces idoles, c'est le doublement des yeux (fig. 51 et 52) ; or nous savons que les Phéniciens le prêtaient au dieu que Philon de Byblos appelle Kronos et qui n'est autre que ce Baal Samaïm ou Baal des cieux qui avait son temple en Sardaigne même *. Avec toutes ses statuettes dressées sur des piédestaux, avec les objets votifs qui le remplissaient ^ le sanctuaire de Teii rappelle ces sanctuaires de la Phénicie et de Cypre, où se pressaient dans le haram les statues des dévots ; ces petites figurines n'ont sans doute pas la dimension et la noblesse des grandes figures de pierre que taillaient les sculpteurs cypriotes ; mais c'est la même pensée et le même rite : c'est toujours le fidèle qui, en consacrant sa propre image, se préoccupe de prolonger et de perpétuer l'acte d'adoration ^. L'attitude est la même ; une des mains tendues présente soit
1. Histoire de F Art, t. III, p. 61. *E7:iy6r\'3i 81 xa\ ?£> Kpoyco rapdt^iifia ^aiXs^a; ^fjL(Attttt xi^fsapa, ht. Td>y C(i.7cpo^{(i>y xa\ ôntoOfcov {ji^pcov.