‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 3)Chapitre 7 sur 381 · Statuette trouvée à Pal ri a. Musée de · texte numérisé non relu

Statuette trouvée à Pal ri a. Musée de

Cagliari. Hauteur, 0™, 15.

Dessiu (le Wallet.

\, Chabas, RecherclieSt pp. 300 et suivantes; Lieblkin, Notices sur les monuments égyptiens trouvés en Sanhiignc, Christiania, 1879. Spano, sur la fin de sa vie, s'était empressé d'adopter cette explication (Pais, le Popolazione egizie, p. 7).

2. Cette hypothèse a été discutée et réfutée avec beaucoup de force par M. Pais dans le chapitre l''' de sa Sardegna, Il a résumé ses idées sur ce sujet dans un article de la nouvelle série du Bullettino archeologico surdo, 1884, le Popolazione egizic in Sardegna. Nous ne faisons guère ici que reproduire, en les abrégeant, les arguments qu'il a présentés.

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LA SARDAlGiNE.

Tarquinies ou à Caeré, ce sont, a-t-on dit, les marchands de Tyr ou de Carthage qui ont été chercher en Orient ces curiosités exotiques et qui les ont répandues un peu partout avec les produits de leur propre industrie. Si cette explication vaut pour l'Italie, à quel titre la déclarerait-on insuffisante quand il s'agit de la Sardaigne ?

Nous ne saurions attacher beaucoup plus d'importance aux raisons par lesquelles on prétend justifier l'identité présumée des Shardanes et

6. — Prisonnier shardane. Champollion, Monuments, pi. CCHI. Médinet-Abou.

des Sardes. On a comparé les casques de certaines figurines sardes à ceux des Shardanes ; mais, pour peu que l'on y regarde de près, on est bien plus trappe des différences que des ressemblances. Ce qui caractérise surtout la coiffure des Shardanes , c'est cette grosse boule qui surmonte ïapex du casque (fîg. 6) ; or je ne sache pas qu'il y ait une seule statuette sarde où l'on voie rien de pareil. On insiste sur ce fait que de part et d'autre le casque est muni de cornes ; mais celles-ci, d'un groupe à l'autre, n'ont de commun que le nom. Sur la tète des Shardanes , elles sont presque horizontales ; ce sont comme les deux extrémités d'un croissant dont la concavité poserait sur le timbre du casque ; au contraire, sur le bonnet du soldat sarde, ce sont deux hautes pointes qui, légèrement inclinées en avant, se dressent dans le

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sens vertical el se rapprochent par le bout. Les éléments des deux coiffures ont bien quelque analogie, mais ils sont disposés tout autrement ; or il n\ a ici que la disposition qui compte, car Tidée et l'habitude d'appliquer des cornes sur le casque se retrouvent chez plusieurs nations de l'antiquité, dans des pays et dans des temps très différents*. La corne, qui surmonte la tête du cerf, du bélier et du taureau, fut naturellement prise, un peu partout, pour Temblème de la virilité, de la force, de la puissance guerrière; c'est un symbole dont l'emploi a élé trop général pour que, de sa seule présence, on soit autorisé à induire que deux peuples chez lesquels on le rencontre également se tiennent par un lien quelconque de parenté.

Quant à l'argument que Ton a tiré du rapprochement des noms, il a plus de valeur : les noms, Shardanes et Sardinia, se ressemblent au point d'être presque identiques. Le mot commence, il est vrai, par une consonne chuintante, et c'est une pure sifflante que nous trouvons dans Sardinia ; mais ce détail n'a pas d'importance. Le sm et le s/iin de l'alphabet phénicien ne sont qu'une même lettre, dont la prononciation variait, chez un même peuple, d'une tribu à Fautre. C'est ce que prouve un récit très connu de la Bible, un curieux épisode de la lutte qui s'engagea, au temps de Jephté, entre les hommes de Galaad et ceux d'Éphraïm". Après la bataille, les vainqueurs attendirent aux gués du Jourdain les vaincus qui s'enfuyaient par petites bandes et qui cherchaient à regagner leur territoire. Quand les Éphraïmites se présentaient sur la rive du fleuve, pour les reconnaître on leur faisait prononcer le mot shibboleth; ils disaient tous sibbolethy et ils étaient impitoyablement massacrés.

Shardanes ou Sardanes, c'est donc tout un, et, de ce chef, rien ne nous empêcherait de reconnaître dans les rudes montagnards de la Sardaigne un débris de la grande armée qui a mis pjir deux fois rÉgypte en péril, les descendants d'une peuplade qui, repoussée et rejetée à la mer, aurait été chercher fortune à l'Occident ; mais cependant, pour démontrer cette filiation, il faudrait autre chose que cette similitude des noms. Savons-nous si celle-ci n'est pas l'effet d'un simple hasard? En étudiant avec quelque attention n'importe quel atlas, on trouverait plus d'un exemple de ce genre de rencontres.

\. Voir les faits réunis par Pais, la Sardegncit p. 14, n. 2. Sans prétendre épuiser la matière, il relève des casques surmontés de cornes chez les ïhraces, les Gaulois, les Macédoniens, chez différentes populations libyennes, chez les Scandinaves; il en voit sur un fragment de poterie mycénienne qui représente des guerriers.

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