‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 3)Chapitre 80 sur 381 · PLAN DE L'ETUDE SUR L'ART HEBRAÏQUE · texte numérisé non relu

PLAN DE L'ETUDE SUR L'ART HEBRAÏQUE

§ 3. — PLAiN DE l'Étude sur l'art hébraïque

Le plan de l'étude que nous consacrons à Tart hébraïque ne sera pas celui que nous avons suivi jusqu'à présent. Ici la matière nous manquerait pour remplir les cadres entre lesquels, à propos de TÉgypte, de TAssyrie et de la Phénicie, nous avons distribué les monuments qui paraissaient mériter d'être décrits. L'art hébraïque n'a pas été assez original et assez fécond pour que tant de divisions et de subdivisions soient ici nécessaires. A vrai dire, il se résume tout entier dans le temple de Jérusalem ; ce temple est le seul édifice où Israël ait mis toute son âme, qu'il se soit attaché passionnément à fonder, à décorer, à développer, à reconstruire; aussi la Bible nous en donne-t-elle des descriptions circonstanciées, dont les unes, celles des livres historiques, ont le caractère d'une sorte de procès- verbal , tandis que dans les autres, celles des prophètes, le monument apparaît plus riche et plus complet qu'il ne l'a jamais été dans la réalité. Sans doute il ne reste plus une pierre de ces bâtiments; mais cependant il est sinon facile, au moins possible d'en présenter une restauration qui, à défaut de certitude, oflfre, dans presque toutes ses parties, une très haute vraisemblance.

Ce sera donc sur cette tentative que portera ici notre principal effort. Pour la faire accepter comme légitime, il nous faudra suivre une marche qui aura ses apparents détours et ses lenteurs, mais où chaque pas nous rapprochera du but. Nous commencerons par replacer le temple dans son milieu historique, en étudiant la topographie de Jérusaleni. Après avoir donné une idée de la ville dont ce sanctuaire était le centre moral et religieux, nous nous établirons sur la colline qui lui servait de socle et nous résumerons l'histoire des édifices qui s'y sont succédé; nous relèverons les traces qu'ils y ont laissées; nous essayerons de distinguer et de dater ces différents débris. Ce travail achevé, nous indiquerons et nous apprécierons les éléments dont disposent rhislorien et l'artiste qui entreprennent de faire revivre le monument disparu; il ne nous restera plus ensuite qu'à soumettre au lecteur l'image qu'aura tracée le crayon de M. Chipiez et à rendre raison des partis qu'il a pris. Ces partis, qui pourront dérouter certains préjugés, nous les justifierons tantôt à l'aide des textes, tantôt par des analogies tirées d'autres monuments orientaux, parfois enfin par les lois mêmes

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LA JUDEE.

(lo Tari, par les conditions qui s'imposent à tout constructeur qui sait son métier. Rien n'aura été négligé de ce que la critique et Tarchéologie peuvent jeter de lumière sur la question ; ce sera aux architectes de prononcer en dernier ressort sur le mérite et sur la beauté de l'ensemble ainsi restitué.

Dans un dernier chapitre, nous réunirons le peu que Ton sait au sujet de Tart et de l'industrie chez les Hébreux, en dehors du temple. Les détails que nous grouperons ainsi n'ajouteront pas beaucoup à la gloire d'Israël; mais ils auront cet avantage de compléter le tableau que nous avons tracé de la civilisation phénicienne. C'est bien Tinfluence de la Phénicie qui domine, pendant de longs siècles, dans toute la Palestine trans et cis-jordanienne ; mais cependant il y avait une différence très marquée entre la vie que l'on menait dans les cités manufacturières et commerçantes du littoral et celle que faisaient aux populations de l'intérieur la culture des champs et l'élève des troupeaux. Grâce à la richesse de leur littérature, ce sont encore les Hébreux qui nous renseignent le mieux sur ce que purent être les mœurs de la Syrie jusqu'au temps de la conquête macédonienne, sur l'aspect qu'y présentaient la tombe, la maison et les lieux de culte, le mobilier, le vêtement et la parure. Presque toute l'œuvre plastique de cette société a péri ; c'est donc surtout dans les récits et les peintures de la Bible que revivent, avec l'originalité de leur costume et de leur physionomie propre, les tribus agricoles et nomades qui se partageaient la vaste contrée comprise entre le Taurus, l'Euphrate, l'Arabie Pétrce ol la Méditerranée.

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