‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 101 sur 440 · TOME IV · texte numérisé non relu

TOME IV

montre employée, vers le milieu du neuvième siècle, par un roi de Moab, dans un texte d'une assez grande étendue1, et nous avons une inscription hébraïque, probablement contemporaine d'Ézéchias, qui est postérieure d'environ un siècle et demi à celle de Mesa; elle relate l'achèvement du canal souterrain qui relie la Fontaine de la Vierge, comme on l'appelle aujourd'hui, à la piscine de Siloam2. Il n'y a aucune raison de croire qu'au temps de Salomon les caractères phéniciens n'aient pas été employés à Jérusalem; mais, si, comme nous l'avons fait remarquer3, les inventeurs de l'alphabet n'ont pas beaucoup écrit sur la pierre, les Juifs, leurs élèves, paraissent avoir suivi cet exemple. Pour toute la période antérieure aux rapports avec la Grèce, l'épigraphie juive est des plus pauvres. Ne nous attendons donc pas à trouver ici un monument signé. Pour ces différents appareils, nous aurons à faire ce que fait le paléographe qui se trouve en présence d'une page de manuscrit non datée, d'une inscription qui ne vise aucun fait historique; c'est d'après la forme des lettres et d'autres détails accessoires que l'on arrive à fixer, d'une manière approximative, l'âge du document. Nous devons suivre ici la même méthode : ce seront les particularités de l'exécution qui nous révéleront l'âge probable des différents appareils qu'il s'agit d'examiner et de comparer. Sur quelques points, des débris d'architecture se trouvent engagés dans la muraille. Ici c'est un chambranle de porte; là c'est un fragment de plinthe ou de corniche, de pilastre ou de chapiteau. Le caractère d'une moulure est plus significatif, plus facile à définir et à juger que celui d'une simple pierre de taille. Là où ces éléments n'ont pas été déplacés, où ils paraissent faire vraiment corps avec l'appareil qui les entoure, il importera d'en tenir grand compte, en" vue d'apprécier et de classer les différents systèmes. Cette

4. C'est la fameuse stèle de Dhibân, découverte en 1869 par M. Clermont-Ganneau et dont les fragments sont aujourd'hui au Louvre. Voir, au sujet de ce monument, Clermont-Ganneau, la Stèle de Dhibdn ou stèle de Mesa, roi de Moab, 896 avant Jésus-Christ, lettres à M. le comte de Vogué, in-8°, 4870, et, du môme, un article intitulé : la Stèle de Mesa, observations et lectures nouvelles (Revue critique du 41 septembre 4875). La Notice des monuments provenant de la Palestine et conservés au Musée du Louvre, par M. Héron dk Villeposse (2° édition, 4879), contient la transcription et la traduction du texte, ainsi qu'une planche, qui est la réduction de la grande planche en héliogravure que M. Cler- . mont-Ganneau a fait exécuter pour l'édition définitive qu'il prépare.

2. L'inscription, qui a six lignes, est gravée à l'intérieur même du canal, dans un cartouche rectangulaire. En attendant qu'elle ait été publiée et traduite dans la partie du Corpus inscriptionum semiticarum qui sera consacrée aux textes hébraïques, on en trouvera une excellente reproduction en photogravure dans la planche VII du Cinquième rapportée M. Clermont-Ganneau sur sa mission en Palestine et en Phénicie, entreprise en 4881 (Archives des Missions, 3e série, t. XI).

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