‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 114 sur 440 · Chambranle de la porte Dorée · texte numérisé non relu

Chambranle de la porte Dorée

De Vogtlé, p. 12.

décoration; mais que Saulcy, qu'un homme qui avait beaucoup vu et qui savait beaucoup ait voulu reconnaître dans ces chapiteaux byzantins un ouvrage contemporain de Salomon, qu'il ait persisté dans cette erreur malgré toutes les protestations, c'est un des plus étranges exemples que l'on ait à citer de la puissance du parti pris, un de ceux qui doivent le plus enseigner la modestie aux archéologues. Comme la basilique de la Vierge, la porte Dorée doit être du temps de Justinien.

En même temps que les murs et que les portes qui y étaient percées, il convient d'interroger aussi ces substructions voûtées sur lesquelles repose, au nord-est, toute une partie de l'aire du Haram. Ces substructions forment, dans certains endroits, de grandes salles souterraines ! ; la plus connue est celle que l'on montre aux voyageurs sous le nom AJ écuries de Salomon. M. de Vogué n'avait rien trouvé d antique dans les parties de ces souterrains qu'il avait pu visiter ; à peine avait-il remarqué quelques blocs anciens remployés dans les bâtisses modernes. M. Warren a été plus heureux : sous Importe simple, dans le mur méridional, il a pénétré dans une de ces galeries qui traversaient le massif des substructions du temple et qui débouchaient au dehors. Ce passage, large de 1 mètre et haut de 4 à 6 mètres, est construit et couvert en grands blocs, à refends, parfaitement appareillés*. Il a constaté l'existence d'un corridor tout semblable dans l'angle nord-est3.

L'existence de ces souterrains était connue par les historiens. Josèphe en parle à plusieurs reprises dans sa relation de la prise de Jérusalem4. Au moment de la prise du temple, beaucoup de Juifs s'y réfugièrent, et plusieurs semaines, même plusieurs mois après, on les en voyait sortir, apparaître tout à coup, hâves et décharnés, au milieu des soldats romains campés sur le mont, parmi les ruines. Là même où le dallage des cours et les fondations des édifices reposaient sur le rocher, celui-ci avait été, presque partout, creusé par le ciseau; il y

laquelle avait été guéri le paralytique. Plus tard, l'adjectif <5>pafe a été faussement traduit en latin par aurea, qui, si Ton tient compte de la prononciation dite moderne du grec, sonnait exactement à l'oreille de la même manière. i. De Vogué, le Temple, pi. XII.

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