TOME IV
de la précision ; mais nous avons signalé, surtout à l'angle sud-ouest, des blocs qui , sans atteindre ces dimensions invraisemblables , en approchent pourtant assez pour expliquer cette hyperbole1.
Le goût pour les matériaux d'un très fort échantillon est de tous les temps en Syrie ; mais l'appareil dont nous cherchons à déterminer l'origine présente encore un autre caractère, c'est le refend : or cette disposition se rencontre dans des monuments dont nous connaissons la date, à quelques années près, monuments qui appartiennent à des temps voisins de ceux d'Hérode.
Avec M. de Vogué, nous citerons, en premier lieu, le palais d'Hyrv can à Araç-el-Emir, qui, d'après Josèphe, a été bâti entre 182 et 175 avant notre ère 2. Nous ne voulons pas décrire ce curieux édifice, où, près de motifs empruntés à l'architecture grecque, on en rencontre d'autres qui se rattachent aux plus vieilles traditions de l'art oriental, comme par exemple cette frise d'animaux qui décore la façade (fig. 124). Il y a aussi là des voûtes qui rappellent les amorces de l'arche de Robinson, à l'angle sud-ouest du temple; mais la seule particularité sur laquelle nous ayons à insister ici, c'est la façon de l'appareil. Le refend y est indiqué, quoique avec moins d'élégance et de fermeté qu a Jérusalem, sur la face externe des gros blocs dont est fait le mur3.
Le refend est simulé sur le roc , d'un ciseau plus net et plus sûr, dans le tombeau d'El-Messanek, près de Jérusalem, tombeau que le caractère tout grec de sa décoration ne permet pas de faire remonter au delà de l'époque hérodienne ou tout au plus de l'époque asmonéenne4 (fig. 125).
Jusqu'ici nous avons cherché à montrer que le grand appareil à refends , celui que les visiteurs de Jérusalem connaissent surtout par le mur dit des Lamentations, pouvait appartenir aux constructions d'Hérode. Voici les raistms qui nous paraissent ne guère laisser place au doute.
C'est sur la face méridionale , c'est à l'angle sud-ouest et à l'angle nord-est que se trouvent les plus beaux morceaux de cet appareil, ceux
{ . L'hyperbole est encore pliw forte dans un passage de la Guerre judaiqve où, reprenant la môme description, cet écrivain parle, pour les murs du temple, de pierres de 40 coudées (V, v, i). 11 semble affecter là de ne pas nommer Hérode; mais l'ensemble de sa description laisse deviner qu'il attribue les travaux les plus importants à l'époque de la dernière reconstruction. Une met au compte de Salomon que le mur oriental.