Stadb, Geschichte, l. 1, pp
2. Reuss, la Bible. La Chronique ecclésiastique de Jérusalem. Introduction, pp.. 14-15; Kuenkn, Histoire critiqtte des livres de l'Ancien Testament, 1. 1, pp. 449-450; Stadk, GesT rhirhte. t. 1, p. 81.
soit qu'il fasse le compte des forces militaires dont disposaient les rois de Juda1. 11 semble cependant que l'auteur de la Chronique ait puisé parfois à des sources autres que celles dont se sont servis les rédacteurs des Livres de Samuel et des Bois; on peut donc, en certains cas, aller y chercher certaines particularités qui ne sont pas rapportées ailleurs; mais il est prudent de ne s'y risquer qu'avec une extrême réserve et quand il s'agit d assertions qui ne semblent pas avoir été suggérées à l'écrivain par ses tendances et ses préoccupations ordinaires*.
Outre cette description détaillée, les Bois et les Chroniques contiennent, dans la suite de leurs récits, un certain nombre d'allusions à diverses parties du temple, aux réparations qu'il a subies et aux agrandissements qu'il a reçus depuis la mort du roi qui l'a construit jusqu'à sa destruction par Nabuchodonosor. Souvent, il est vrai, l'allusion, très claire pour les contemporains, demeure obscure pour nous, et nous ne savons trop où placer le bâtiment dont parle l'annaliste. En revanche, la rapidité même de ces mentions, ainsi jetées au passage et sans préméditation, nous en garantit l'exactitude ; elle exclut tout soupçon d'arrangement et d'exagération systématique. Nous tire rons donc parti de ces renseignements, lorsque l'occasion s'en présentera; malgré leur sécheresse, ils fournissent parfois des indications précieuses.
Ce qui contraste avec la pauvreté des quelques données éparses que nous trouvons ainsi péniblement à glaner dans toute l'étendue des livres dits historiques, c'est le développement, c'est la richesse de détails que nous offre un dernier document biblique, celui que forment les chapitres xl, xli, xlii et xlhi d'Ézéchiel. Pour bien saisir le caractère de ce morceau célèbre, que l'on a commenté si longuement sans beaucoup l'éclaircir, il est nécessaire de montrer comment il se présente dans l'œuvre du prophète. Ces chapitres appartiennent à la dernière partie du recueil, à celle qui a été écrite quand le serviteur et interprète de Iahvé, après avoir vu ses compatriotes frappés de tous les maux dont il les avait menacés, commence à prévoir et à prédire
1. Reuss, Introduction à la Chronique, pp. 38-39. Voir aussi le chapitre vi du tome Ier de Kuenen, et particulièrement le § v, où le critique relève ces exagérations et ces altérations de la vérité, qui s'expliquent par la prédominance de l'esprit sacerdotal.
2. C'est là l'opinion de Reuss et de Kuenen. Stade, Geschichte, t.l, p. 83, Ta plus loin : « La Chronique n'est pas une source, » dit-il formellement, et pourtant il admet que parfois le rédacteur de la Chronique a fait emprunt à des documents autres que ceux qui ont été mis en œuvre dans nos livres canoniques.
les réparations glorieuses que l'avenir réserve au peuple élu. Ézéchiel était, dans sa jeunesse, prêtre à Jérusalem1 ; il avait été emmené en exil avec Jéhojachin et toute l'élite de la société juive, lors de la première prise de la ville par Nabuchodonosor, en 597. Il avait résidé depuis lors à Tel-Abib, en Mésopotamie, sur les rives du Chaboras; c'est là que lui était arrivée la nouvelle depuis longtemps attendue de la catastrophe suprême et que, l'oreille suspendue aux récits des messagers de malheur, il avait, de loin, assisté en esprit à toutes les scènes douloureuses du siège, de l'entrée des ennemis dans la place, de la profanation et de la démolition du temple. Depuis ce moment, une seule idée a rempli ses pensées et l'a soutenu dans ses tristesses : il s'est absorbé dans la pensée de la restauration future. Dans ces pages, qui sont comme son testament, le vieillard, parlant au nom du dieu qui châtie et qui relève, expose les conditions auxquelles pourra s'accomplir cette grande œuvre du rétablissement d'Israël; il indique comment devra s'organiser et vivre désormais la nation juive, quand Juda et Éphraïm seront enfin réunis, quand la main du Seigneur aura ramené dans le pays promis à leurs pères tous les enfants dispersés de Jacob2. Ce programme , qui entre dans le détail le plus minutieux , comprend la description du nouveau temple, les règlements qui concernent le sacerdoce, le culte, les sacrifices, les redevances, enfin la répartition du . territoire entre les douze tribus et les prêtres qui, consacrés au service des autels , formeront un peuple à part et auront pour eux un domaine sacré, où, groupés autour du sanctuaire, ils se nourriront du tribut que leur payera la piété des fidèles.
Nous n'avons pas à entreprendre ici la curieuse étude des prescriptions législatives que contient ce morceau, prescriptions formulées avec une telle précision et une telle autorité, que les institutions créées par les générations suivantes en ont gardé la trace sensible : c'est là, comme on l'a dit, la « charte de la théocratie3 ». Nous n'avons à nous occuper ici que de ce qui regarde le temple. On s'explique aisément les raisons qui ont décidé le prophète à commencer par le temple. « La solide construction du sanctuaire visible et matériel est pour lui le fondement et la garantie du temple spirituel et invisible dont parlera l'Évangile4. »Iahvé reviendra habiter le temple reconstruit sur la mon-