Genèse, xxxv
2. De Luynes, Voyage d'exploration à la mer Morte, t. I, pp. 156-159.
LA JUDEE.
mon nom. Et on l'appelle, jusqu'à ce jour, la main d'Absalom*. » La forme du menhir moabite a bien, en gros, quelque analogie avec celle d'une main ouverte et dressée dans l'attitude de la prière2.
La stèle dont il est ici question était sans doute dressée en avant d'un caveau creusé dans la paroi orientale de la vallée du Cédron, là où, jusqu'au temps de la conquête romaine, a été Tune des principales nécropoles de Jérusalem. Le profond ravin, que dominaient le palais de David et celui de Salomon, aurait été anciennement appelé le Val-
du-RoP. Les tombes monumentales que l'on visite aujourd'hui en cet endroit, celles que l'on appelle ftAbsalom, de Zachariey de Saint-Jacques, de Josaphat, sont d'une époque très postérieure. C'est ce qu'avaient affirmé depuis longtemps la plupart des archéologues, d'après le caractère des éléments qui entrent dans l'architecture des façades ; mais aucune de ces tombes ne porte d'inscription ; ni l 'épigraphie, ni la paléographie ne venaient confirmer ce jugement, et la discussion pouvait toujours recommencer. La question a fait un pas depuis les récentes explorations qui ont fait connaître les monuments de cette partie du nord-ouest de l'Arabie qui s'étend entre Médine et le golfe (VAkaba. Les textes recueillis dans cette région par MM. Doughty, Huber et Euting ont prouvé que cette région, aujourd'hui presque déserte et où la vie du voyageur est toujours en péril, était habitée,
1. Il Samuel, xvm, 17-18. Nos versions traduisent par colonne; mais le sens propre du mot hébreu est main. Inutile d'avertir qu'il n'y a rien de commun entre ce monument, d'un caractère tout primitif, et celui qui est aujourd'hui connu sous le nom de Tombeau d'A bsalom (fig. 141). Tout au plus pourrait-on supposer que ce dernier a pris la place de l'antique pierre levée, dans le Val du Cédron, et qu'il doit à cette circonstance la dénomination certainement erronée qu'il a reçue.