ld., ibid., p. 121, 126. Pais, laSardegna, p
LES NOURAGHES. 39
été recueillis dans l'intérieur ou dans le voisinage immédiat des nouraghes. Si Ton a quelquefois enseveli dans les nouraghes, ce peut être ou par exception, ou à une époque postérieure, lorsqu'une population plus dense utilisait tous les abris qu'elle pouvait trouver pour ses morts. On nous parle de caveaux qui seraient situés sous les nouraghes * ; qu'on y pénètre et qu'on nous les montre; que l'on prouve, par plusieurs exemples, qu'ils appartiennent au plan primitif, et alors la question méritera d'être examinée à nouveau. Jusqu'au moment où cette preuve aura été fournie, il convient de renoncer à chercher dans les nouraghes la tombe sarde, puisqu'on la possède dans les Tombes des géants. Si les nouraghes ne sont pas des lombes, sont-ce des temples? Une première objection se présente à l'esprit : ce serait beaucoup que plusieurs milliers de sanctuaires, pour les tribus à demi barbares auxquelles on est tenu d'attribuer l'érection de ces édifices. Le temple est toujours un bâtiment public, élevé à frais communs, qui doit servir à tous les membres de l'association, peuplade, cité ou nation, qui doit les réunir, à certains jours, pour l'accomplissement de certains rites; comment s'expliquerait-on que cinquante, que deux cents temples fussent quelquefois semés dans l'étendue d'un même canton? Chaque famille, on pourrait presque dire chaque individu, aurait donc eu son sanctuaire propre; mais ceci n'est-il pas contraire à l'idée que l'histoire nous amène à nous faire du culte, lien moral de la tribu, perpétuelle occasion de rendez-vous périodiques qui rapprochent les hommes de même race, en les appelant à des fêtes comme celles qui se célèbrent encore dans nos campagnes? Ces édifices semblent-ils d'ailleurs conçus et disposés en vue d'assemblées et de cérémonies religieuses? L'incommodité de l'entrée, l'obscurité où étaient plongées les chambres , tout semble répugner à cette conjecture. On ne voit que la plate-forme terminale, sur laquelle des sacrifices auraient pu être offerts dans des conditions analogues à celles que nous rencontrons ailleurs ; mais aurait-il été facile d'y conduire, par-dessous cette porte basse, par ces rampes tournantes, étroites et sombres, les victimes que ce peuple parait avoir eu l'habitude d'immoler à la divinité, le cerf, le mouton, le bœuf? On insiste pourtant : on rappelle les objets, d'un caractère certainement votif, qui ont été recueillis sur le territoire de Teti, dans une enceinte quadrangulaire, aux angles arrondis, où étaient pratiquées diverses cachettes et où se trouvaient épars des piédestaux qui portaient jadis, scellées dans la
\, Pais, la Sardegna, p. 30, note 2.
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pierre, des armes et des statuettes (Kg. 29). Nous aussi, nous croyons qu'il y a eu un sanctuaire à Teti, mais ce qui ne nous paraît pas démontré, c'est que ce sanctuaire ait été un nouraghe. D'après le plan du terrain qui nous a été fourni, plan très imparfait d'ailleurs, on croirait plutôt à une sorte de grande cour, à une enceinte à ciel ouvert où étaient déposées les offrandes. Comme on Ta remarqué, quelquesunes d'entre elles portent la trace sensible d'une longue exposition à l'air libre1. On s'est aussi fondé sur l'analogie des talayoU que renferment les îles Baléares. Près de ces tours coniques, qui ressemblent
si fort aux nouraghes, on signale des autels formés d'une large dalle horizontale que supporte un montant vertical, solidement planté dans le sol (lîg. 30) 2. Sont-ce bien là des autels? Ils n'auraient pas été d'un usage commode; pour y placer l'offrande, le fidèle ou le prêtre aurait dû monter sur une échelle. Nous nous demandons s'il ne faut pas voir là plutôt des stèles dressées au-dessus d'une sépulture; des fouilles seules pourraient trancher la question. De toute manière, la présence de l'autel près du talayot ne prouverait pas que celui-ci fût un temple; point de temple, au sens classique du mot, dans ce culte des hauts lieux que nous avons rencontré en Syrie. Enfin, dernière considération qui a son importance, maints nouraghes occupent le sommet d'éminences fort raides et dont l'ascension présente une difficulté réelle3; bien choisie pour une forteresse, une pareille situation convient-elle à un temple?
Pas plus que le temple, la maison ne cherche pas d'ordinaire à se rendre inaccessible. En tout pays et dans tous les temps, ce qu'on lui demande avant tout, c]est d'être commode, de l'être par la facilité de ses