ISAÏE, IX
murs et toits devaient être épais, pour que la température de l'intérieur se ressentît moins des variations du dehors. Ce n'est pas tout à fait la maison du fellah syrien d'aujourd'hui ; la demeure de celui-ci est souvent surmontée d'une coupole qui lui donne plus de hauteur et de solidité. Chez les Hébreux, toutes les habitations, comme beaucoup encore de celles qu'on rencontre dans les villages syriens, se terminaient par une terrasse sur laquelle on passait la nuit dans certaines saisons l ; aussi ces lois religieuses qui prennent souvent le caractère de ce que nous appelons des règlements de police avaient-elles recommandé d'entourer cette terrasse d'un parapet, pour que les dormeurs et les enfants ne risquassent pas de rouler à terre 2. La plupart des maisons n'avaient qu'un rez-de-chaussée; pourtant certaines demeures, celles des riches, étaient pourvues d'un étage supérieur3. Dans ces mêmes maisons, certaines fenêtres, sans doute surtout celles de l'appartement des femmes, étaient munies de treillis analogues à ceux des moucharabieh de la maison arabe contemporaine 4.
Les villages étaient en général placés sur le sommet des collines ; il y en avait d'ouverts, mais les plus importants étaient fortifiés5. Lorsqu'ils étaient entrés en Palestine, les Hébreux n'avaient pas vu sans effroi se dresser devant eux les murs des villes chananéennes ; une fois maîtres de ces villes, ils entretinrent ces remparts qu'ils avaient eu peine à forcer. La tâche était facile ; les murailles et les réduits qu'elles renfermaient étaient bâtis en blocs énormes et bruts, semblables à ceux dont étaient faits les dolmens et les menhirs de la Galilée et de la Pérée. Dans ces deux contrées, on a trouvé certains restes d'enceintes qui ont bien toute l'apparence d'une haute antiquité. L'appareil y a le caractère de celui que les Grecs appelaient cyclopéen, du plus rude et du plus ancien. Ce sont de gros quartiers de roches posés comme au hasard les uns sur les autres, avec de petites pierres insérées dans les in-
\. I Samuel, îx, 25-26; II Samuel, xi, 2.