‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 289 sur 440 · Ibidem, vin · texte numérisé non relu

Ibidem, vin

6. Voyez par exemple la description du butin enlevé aux Madianites (Nombres, xxxi, 30) et celle que fait Isaïe de la parure des filles de Sion (III, 16-24). Un vers du Canti-

Rebecca reçoit d'Éliézer1. C'est un ornement pour le nez; on peut seulement se demander s'il s'agit d'un anneau passé dans le cartilage, comme j'en ai vu aux femmes turcomanes, en Anatolie, ou de ce petit bouton d'or, le khergèh, comme on l'appelle, que les femmes de Damas portent suspendu à l'une des narines; d'ordinaire une ou plusieurs turquoises y sont incrustées, et il a la grosseur d'un bouton de chemise2 (fig. 233). On remarquera aussi ces croissants que portent au cou les chameaux des rois de Madian8; pour que la chronique rappelle que Gédéon s'en empara, il fallait que ces ornements fussent en or. Il peut y avoir quelque exagération dans les chiffres indiqués en plusieurs endroits comme représentant le butin en métaux précieux fait parles Israélites dans telle ou telle de leurs guerres contre les peuples voisins ; mais le chroniqueur ne les aurait pas risqués s'ils avaient dû blesser tout d'abord les esprits par leur invraisemblance.

S'ils ne choquaient pas, c'estque, chez les Israélites et chez leurs voisins, on était accoutumé à voir partout briller, dans les noires chevelures et sur la peau brunie par le soleil, l'éclat de ces ornements. Nulle part on n'a plus le goût de ce luxe voyant que chez les peuples pauvres, où le capital ne trouve pas son emploi dans les entreprises du commerce et de l'industrie.

233. — Femme de Damas avec le nezem. Lortet, la Syrie d'aujourd'hui.

que (i, 10) pourrait faire croire à des plaques de métal fixées derrière l'oreille, avec chaînettes pendant le long des joues; ce serait un ornement analogue à celui que nous avons rencontré dans maintes figures cypriotes (Histoire de l'Art, 1. 111, pp. 561-562 et fig. 384). i. Genèse, xxiv, 22, il. Le dernier de ces deux versets ne permet pas le doute : « J'ai mis le nezem à son nez », dit Éliézer. De même Isaïe, ni, 21 ; Ézéchiel, xvi, 12.

2. Lortet, la Syrie d'aujourd'hui, p. 586. D'Orfa et d'Édesse à Bagdad, dans toute la Mésopotamie, c'est l'usage de percer aux filles une narine pour y pouvoir suspendre un anneau. Le nezem se retrouve aussi en Arabie ; aujourd'hui, dans leNêdjed, c'est un anneau d'or qui a un pouce et demi à deux pouces de diamètre (Lady Anne Blunt, Pèlerinage au Nèdjed, berceau de la race arabe, dans le Tour du Monde, t. XL1II, p. 46).

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