TOME IV
mais par un lien très lâche, qui menaçait toujours de se dénouer. Sous les Toutmès et les Ramsès comme sous Psammétique et Amasis, comme plus tard sous les Ptolémées, comme hier encore sous Méh émet-Ali et Ibrahim Pacha, l'Egypte n'a jamais possédé la Syrie qu'à titre précaire ; l'Egypte est trop nettement séparée par la nature du reste du monde et, par suite, son peuple doit au milieu où il s'est développé des carac tères particuliers pour qu'il puisse y avoir entre elle et aucune société voisine même un commencement d'assimilation et de fusion. Toutmès 1er avait
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frayé la voie à ses prédécesseurs; mais Toutmès 111 paraît avoir été le seul pharaon qui ait poussé jusqu'à Gargamich. L'inscription funéraire d'un de ses généraux donne quelques détails sur le siège de cette ville et sur les stratagèmes employés par la garnison pour en retarder la chute. Parmi les tributaires des trentetroisième et trente-neuvième années du règne, on voit figurer la grande terre deKhiti, qui a livré des esclaves, des pierres précieuses, des lingots
d'or et d'argent, des chariots, du bétail. La Syrie reprit son indépendance sous les derniers rois de la dix-huitième dynastie. Le fondateur de la dix-neuvième, Ramsès Ier, y ramena les armées égyptiennes; mais, sans doute pour s'assurer la possession de la partie méridionale de cette contrée, il paraît avoir traité avec les Khiti sur un pied d'égalité, avoir conclu avec leur roi Sapalel une alliance offensive et défensive. Ces relations amicales ne durèrent pas; dès le commencement de son règne, Seti est en guerre avec Sapalel. Les sculptures de la grande salle du temple d'Ammon, à Karnak, représentent les principaux épisodes de cette campagne; on y voit fuir devant Seti victo-
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