‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 366 sur 440 · LE SANCTUAIRE · texte numérisé non relu

LE SANCTUAIRE

IAS1L1-KA1A.

soires que les figures tiennent en main, sceptres terminés par une boule, hache à deux tranchants, bâton droit ou recourbé en crosse,

314. — Iasili-kala. Bas-relief de la grande enceinte. Hauteur, 2m,24. Exploration, pi. xlv.

arme en sorte de faux, corne, patère, fleur, etc. Le geste même, par sa solennité, semble donner à chacun de ces objets cette valeur tradi-

LES HETEENS.

tionnelle et fixe qui, dans les cérémonies du culte, s'attache aux ustensiles consacrés par le rite, ustensiles dont chacun a son usage spécial et n'appartient qu a l'un des officiants; l'attitude grave et recueillie des personnages confirme cette observation ; l'ensemble a bien ce que Ton peut appeler la physionomie hiératique. Remarquez surtout, dans le bas-relief du fond (E du plan), les taureaux mitres et affrontés dont le buste fait saillie en avant des deux personnages principaux, les montagnes et les épaules humaines qui servent de supports aux personnages de gauche, les animaux, panthère et aigle à double tête,

qui soutiennent les de

personnages droite1.

Où le caractère religieux et symbolique de nos sculptures paraît le plus frappant, c'est dans les figures qui sont en dehors du double cortège. Commencez par la gauche et faites le tour de la salle principale; quand vous vous retournerez pour sortir, vous apercevrez, sculptée sur une saillie du roc et regardant la paroi du fond, une grande figure, debout sur deux sommets de montagnes (K du plan, fig. 314). Par ses dimensions elle dépasse toutes les figures du bas-relief principal. Son bras droit supporte un édicule. L'autre laisse pendre par derrière un lituus ou bâton augurai à crosse recourbée. La tête est couverte d'une tiare basse et ronde qui a la forme d'une calotte, du tarbouch turc sans le gland du milieu. La poignée semi-lunaire d'une épée s'aperçoit sur le flanc droit; la robe est longue et ne laisse voir que les pieds. Le bras droit

\. Si nous n'avons donné, à part, que trois fragments des bas-reliefs de la grande salie (fig. 3H, 3 12 et 313), c'e^tquela planche Vlll, exécutée avec grand soin par M. Oury d'après les photographies et d'après les nombreux croquis de M. Guillaume, reproduit fidèlement, malgré son échelle réduite, jusqu'aux moindres détails de l'original. Nous ne saurions trop remercier notre ancien éditeur, M. Firmin-Didot, de l'avoir mise à notre disposition pour l'Histoire de l'Art.

31."î. — Iasili-kaïa. Bas-relief à l'une des entrées du couloir.

Hauteur, 1 mètre. Exploration, pi. xlviii.

Iasili-kaïa. Bas-relief à l'entrée du couloir. Hauteur, i mètre. Exploration.

pi. XLVIII.

supporte un édicule. Cet édicule est surmonté d'un globe ailé dont le centre est formé par deux disques solaires ; un génie à la mitre pointue, à la robe décorée d'ornements en dents de scie, y est compris entre deux taureaux vus de face et deux colonnes ioniques1.

Continuez à suivre cette même paroi; à l'entrée d'un étroit passage

31*7. — Iasili-knïa. Face N du couloir. Exploration, pi. l.

vous trouverez deux figures étranges que nous avons£les premiers dessinées. Ce sont deux monstres ailés (L et M du plan), qui ont un corps humain, et l'un une tête de chien (fig. 315), l'autre, à ce qu'il semble, une tête de lion (fig. 316) ; ils font un geste qui paraît destiné à éloigner les profanes ou à repousser un maléfice. Un peu plus loin vous arrivez à l'extrémité méridionale d'une sorte de corridor, un peu plus large

\. Ces ornements en dents de scie décorent aussi la robe du dernier personnage du bas-relief A, dans la grande salle (pi. VIII).

Page 1