‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 383 sur 440 · Euiuk. Bas-relief. Exploration, pi. lvii · texte numérisé non relu

Euiuk. Bas-relief. Exploration, pi. lvii

ment, la fantaisie de l'artiste a modifié la donnée. Ce taureau, c'est bien

aussi une victime que l'on conduisait au sacrifice ; mais le sculpteur a

supposé que l!animal venait d'échapper aux mains qui le retenaient.

C'est à la décoration du palier qui s'étendait en avant delà porte que

340. — Euiuk. Lion dévorant un bélier. Vue latérale. Exploration, pi. lvii.

doit avoir appartenu une sculpture d'une assez belle conservation (15 du plan, fig. 340). Elle représente un lion qui tient un bélier terrassé sous ses pieds de devant. La tête se détache en ronde bosse sur la face antérieure du bloc (fig. 341), tandis que le reste du corps est seulement indiqué en bas-relief sur une des faces latérales de cette pierre ; l'autre face est nue,

LE PALAIS DEUIUK.

ce qui indique que cette dalle devait être appliquée contre un mur. C'est ce mélange du bas-relief et de la ronde bosse que nous avons déjà rencontré dans la Syrie septentrionale et à Boghaz-keui. Les figures de lions qui dessinaient ici un dromos, une avenue monumentale en avant du palais, étaient traitées dans le même esprit ; exposées aux intempéries depuis des milliers d'années, elles ont beaucoup souffert; le croquis ci-contre en indique pourtant la disposition (fig. 342) ; il donne la vue de face et la vue latérale d'un de ces blocs.

Pour terminer la description des sculptures qui ornaient cette façade et cette entrée du palais, il ne nous reste plus à signaler qu'un curieux détail, qui avait attiré, ajuste titre, l'attention des deux voyageurs par lesquels nous avions été précédés à Euiuk, d'Hamilton et de Barth. La face interne du sphinx de droite, qui est mieux conservé que celui de gauche, offre un emblème que nous avons déjà rencontré à Boghaz-keui (pi. VIII, E) : c'est un aigle à deux têtes dont chacune des deux serres étreint un animal en qui nous avons cru reconnaître un lièvre, à sa taille et à ses longues oreilles (fig. 343) â. Au-dessus de cet aigle, le pied posé sur sa double tête, se dressait un personnage dont on ne distingue plus que la partie inférieure, la chaussure à bout recourbé et la robe traînante. Hamilton avait remarqué ce symbole sans s'apercevoir que l'aigle à deux têtes, ici comme à Boghazkeui, portait un personnage, et il est tenté de voir dans cet aigle une addition postérieure. C'est là une conjecture que

rendent insoutenable d'une part l'exacte similitude de style entre cette figure et les figures qui l'entourent, de l'autre le rôle que joue ce même symbole dans les bas-reliefs de Iasili-kaïa, où il sert de

341 . — Euiuk. Lion dévorant un bélier. Vue de face. Exploration, pi. LV1I.

342. — Euiuk. Un des lions du dromos. Exploration, t. I, p. 342.

i. Barth croit y voir une souris. Le modelé est ici tellement sommaire et la surface est si usée, qu'il est difficile de se prononcer; nous ferons seulement remarquer que le lièvre figurait dans le répertoire des scribes hétéens (fig. 254 et 235), puis que l'art oriental aimait à représenter l'aigle s'abattant sur le lièvre (Histoire de VArt, 1. 11, fig. 409). La souris est une bien petite proie pour un si puissant oiseau.

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