‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 390 sur 440 · Ibidem, fig · texte numérisé non relu

Ibidem, fig

n est pas comme pour le type du sphinx, qu'avaient pu porter partout, jusqu'à une grande distance de son pays natal, tous ces petits objets, bijoux et ustensiles divers, où le faisaient entrer les ouvriers égyptiens et phéniciens. Ce sont là de bien légers indices, et cependant ils donnent à penser que l'architecture cappadocienne, tout en ayant profité de plus d'une suggestion venue du dehors, avait sa part d'originalité.

La sculpture offre à l'observateur une plus riche matière; c'est là que se marquent le mieux ces particularités qui permettent de former des monuments de la Ptérie un groupe distinct, lequel suppose une vie nationale indépendante. De ces détails caractéristiques, le plus curieux est cet aigle à double tête qui sert de support à un personnage, probablement à une divinité, dans le principal bas-relief d'Iasili-kaïa (pi. VIII, E) comme sur la face interne de l'un des sphinx d'Ëuiuk (fig. 343). Ce type factice n'est connu ni de l'Assyrie, ni de l'Egypte, ni de la Phénicie; on a donc le droit d'en attribuer l'invention aux Cappadociens. Il apparaît, placé très en vue, ici, dans le grand sanctuaire voisin de la capitale, là, sculpté sur la porte principale du palais; aussi serait-on tenté d'y voir comme une sorte de blason, comme les armes du peuple ptérien. On a même été jusqu'à se demander si le nom que les Grecs donnaient à ce district ne renfermait pas une allusion à cet emblème, n'était pas la traduction même du nom qu'il portait dans la langue des indigènes. Pteria, de pteron, aile, ce serait « le pays des ailes », des ailes éployées de l'aigle aux deux têtes1.

Un autre trait qui ne se rencontre qu'à Boghaz-keui et à Euiuk, c'est lo lituus à crosse, mis dans la main des prêtres (fig. 314, 321 , 328). Il en est de même de certains procédés d'exécution ; tel est ce bourrelet qui, dans les bas-reliefs d'Iasili-kaïa comme dans ceux d'Euiuk, simule, en avant de la figure, un bâton sur lequel le coude s'appuierait (pi. VIII et fig. 328) ; ce ne peut guère être que l'indication maladroite et toute conventionnelle de l'un des bords du manteau, de celui qui se profile sur le fond, en arrière du personnage. On ne trouve aussi nulle part ailleurs l'habitude de faire traîner en arrière le vêtement, de le prolonger en une sorte de queue pointue qui balaye le soi (fig. 214, 321, 328). Enfin on remarquera la pose que le sculpteur prête, dans ces bas-reliefs, à presque tous ces personnages. Un des bras, légèrement fléchi, s'étend et se porte en avant, tandis que l'autre est com-

Page 1