‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 50 sur 440 · Cachette de Teti, d'après un croquis de M. Gouin · texte numérisé non relu

Cachette de Teti, d'après un croquis de M. Gouin

une couche de terre d'environ 0m,70, puis une couche bien plus mince d'une scorie noirâtre et boursouflée, de nature siliceuse, qui paraît avoir été fondue sur place. Au-dessous se trouvait une fosse murée et dallée, large d'environ 4 mètres et profonde de 2. C'est là que gisaient, avec les statuettes, les autres objets que nous allons décrire. On a parlé à M. Gouin d'autres cavités du même genre, dont le contenu était semblable, mais qui avaient été si bien bouleversées, qu'on n'en reconnaissait plus même la place. Nous aimerions à savoir si ces fosses étaient pratiquées aux angles de l'édifice, s'il y avait là quelque symétrie.

Quoi qu'il en soit de 1 ancienne disposition des lieux, ce qui est certain, c est que les statues étaient toutes montées sur des piédestaux formés de blocs d'un trachyte qui n'existe pas dans les environs, qui a été apporté de la région des volcans éteints. Au lieu d'enlever à la lime, comme on le fait aujourd'hui, les jets de fonte qui subsistent toujours au moment où l'on retire la pièce du moule, on les avait soigneusement respectés ; là même où ils n'étaient pas reproduits par les photographies ou les dessins que nous avons donnés, ils existent encore dans toutes les figures qui n'ont pas les pieds cassés; on s'en était servi pour fixer les statuettes sur les piédestaux ; ils y étaient engagés soit dans des lingots de plomb encastrés à même la pierre (fig. 71), soit dans des trous où Ton avait coulé autour de ces tiges du plomb fondu

71. — Lingots de plomb. 72. — Pierre ayant servi de piédestal.

Dessin de Baux. Dessin de Baux.

(fig. 72). Les statuettes ont été trouvées dans les cachettes, et les piédestaux tout à l'entour, parmi les décombres; beaucoup ont disparu depuis le moment des fouilles; les paysans les ont utilisés pour en faire de petites meules à main, que les femmes emploient pour écraser le grain.

Les statuettes n'étaient pas seules montées ainsi sur ces blocs de trachyte ; il y avait aussi des épées. La poignée de plusieurs d'entre elles est restée adhérente aux blocs où elles avaient été scellées avec du plomb, et les deux figures ci-jointes montrent comment on peut se représenter l'ensemble ainsi composé. Nous donnons ici deux échantillons de ces piédestaux. Le premier, qui a été détruit ou perdu, n'est connu que par un dessin pris au moment des fouilles de 1878 (fig. 73). Du second type, en forme de cloche haute et mince, on a retrouvé de nombreux exemplaires (fig. 74). Un pointillé indique sur les images la place qu'occupait, dans un creux pratiqué vers le sommet du bloc, le lingot de plomb où entrait le manche du glaive. On a ramassé de ces lingots (À) avec un tronçon d'arme (B) encore adhérent au plomb

STATUETTES ET BARQUES VOTIVES

(fig. 75). Les épées ont été retrouvées, soit éparses dans les décombres, soit, dans les cachettes mêmes, liées par faisceaux, avec des bandes de cuivre rouge. On en possède plus d'une centaine de bien conservées; seulement la plupart ont la poignée tordue ou tronquée.

Nous ne savons pas que Ton ait retrouvé ailleurs qu'en Sardaigne ces épées ainsi montées sur des socles; ce qui ajoute encore à la surprise que causent

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