Pausanias, X, xvu
2. Parmi les érudits qui tiennent cette opinion pour la vraisemblable, il nous suffira d'indiquer Nirbuhr, Rômische Geschichtc, ï, p. 585; Maury, la Tare et l'Homme, 4e édition, p. 579; d'Arbois dk Jubainville, les Anciens Habitants de l'Europe, p. 273; Renan, Histoire générale des langues sémitiques, 4° édition, p. 202; etc., etc.
3. C'est dk Rougé qui a signalé le premier l'importance et le caractère de ce grand mouvement qui mit l'Egypte en péril (Extraits d'un mémoire sur les attaques dingées contre l'Egypte par les peuples de la Méditerranée vers le quatorzième siècle avant notre èrcf dans la Revue archéologique, 1807, t. XVI). Voir aussi Chabas, Études sur l'antiquité historique d'après les sourres égyptiennes, in-8, 1873.
LES TRIBUS DE L'INTElUEUK.
Ramsès II et Ménephtah, ils sont ensuite enrôlés dans l'année égyptienne et forment un des corps de la garde royale. Dans les bas-reliefs des spéos d'Ipsamboul et des pylônes de Médinet-Abou, les Shardanes sont coiffés d'un casque qui est armé de deux pointes et que surmonte une grosse boule. Ce détail, auquel on^attachait trop d'importance, on pensait le retrouver dans les casques à double corne de certains bronzes sardes; ces cornes se terminent quelquefois par des boules (fig. 5). Voyez, s'écriait-on , ce n'est pas seulement les noms qui sonnent de même à l'oreille , le costume est pareil ! On en tirait cette conclusion que tous les objets de facture ou d'apparence égyptienne qui sont sortis des nécropoles sardes avaient été apportés dans l'Ile par les Shardanes, quand, après une lutte longue et sanglante, ils avaient dû quitter les plages du Delta pour se tourner vers l'Occident1. Ces amulettes en terre émaillée, ces figurines de dieux égyptiens que l'on s'étonnait de rencontrer si loin des bouches du Nil, c'était une part du butin que ces envahisseurs, quoique enfin battus et repoussés, avaient rapporté de leur expédition.
Cette théorie ne soutient pas l'examen2. Aujourd'hui les archéologues sont d'accord pour reconnaître des ouvrages phéniciens dans la plupart des petits monuments de style égyptien que livrent aux fouilleurs les tombes des villes de la Sardaigne. S'il est dans le nombre quelques rares objets qui proviennent des ateliers mêmes de l'Egypte, aucun d'eux ne paraît aux égyptologues pouvoir remonter plus haut que la vingt-sixième dynastie ; on ne saurait donc en expliquer le transport en Occident et l'importation en Sardaigne par les suites de luttes qui ont eu lieu cinq ou six siècles plus tôt, au temps des princes thébains. On trouve d'ailleurs des objets du même genre dans les tombes du Latium et de l'Étrurie; or, quand on a fait de ces découvertes en Palestine, à