‹ Histoire de l'art dans l'antiquitéChapitre 120 sur 349 · Cratère. Hauteur · texte numérisé non relu

Cratère. Hauteur

Musée de Berlin. JaJirbuch, 1886, p. 135.

un grand cratère, qui a surtout ceci de singulier que Ton y remarque plusieurs fois répété, entre des cercles concentriques, un ornement où l'on croit reconnaître le palmier, avec le bouquet terminal de ses palmes fraîciies et la retombée des palmes fanées (fig. 90). Le motif se retrouve déjà sur des poteries mycéniennes*. Du répertoire des ouvriers du premier âge, il aurait passé dans celui de leurs successeurs. Il est une autre fabrique qui ne saurait être passée sous silence :

1 . FuRTW^NGLER ct Lœschke, MyL Vasen, Texte, p. 24 et p. 4o, fig. 2o.

c'est celle de la Béotie ; elle a été très féconde. Il est possible qu'elle ait eu son centre à Aulis, les mêmes vases se retrouvant à Thèbes, à Tanagre, au Ptoion, ailleurs encore. L'existence des ateliers d'Aulis est attestée par Pausanias^

On a distingué, dans le développement de la plus ancienne céramique béotienne, deux périodes : l'une qui représenterait le géométrique primitif, et l'autre dont les créations seraient contemporaines des vases du Dipylon*. La première est connue surtout par» les fouilles du Ptoion. « Au plus profond de mes tranchées, dit M. HoUeaux, j'ai recueilli un assez grand nombre de poteries peintes au vernis noir. Ce sont, pour la plupart, des coupes, des grands cratères, des skyphoi de différentes formes. L'ornementation en est maigre et monotone, peu cohérente, assez clairsemée. Des lignes brisées en zigzags, des suites de losanges, des triangles et des rectangles, vides, pleins ou croisillés, en forment le fond principal. Des groupes de cercles concentriques, posés à la file et souvent tangents entre eux, comptent au nombre des motifs qui se répètent le plus volontiers. Çà et là on trouve quelques représentations d'animaux, des oiseaux d'eau, plus rarement des quadrupèdes. Jamais ou presque jamais n'apparaît le dessin de la figure humaine^ » Ces vases doivent être l'œuvre de l'industrie locale, car nulle part ailleurs on n'a retrouvé de poteries qui soient exactement pareilles à celles-ci. D'autre part, cette fabrique n'a subi, à aucun degré, l'influence du Dipylon. Sans parler des scènes composées à plusieurs personnages que l'on ne rencontre jamais dans ses produits^ on observe qu'aucun rôle n'est joué ici par les motifs, tels que le quatrefeuilles et le méandre, qui caractérisent le style du Dipylon.

La Béotie touche à l'Attique. Lorsque les potiers d'Athènes furent devenus assez habiles pour que leurs ouvrages se répandissent jusqu'au delà des mers, jusqu'à Cypre par exemple, à plus forte raison durentils être portés par le commerce chez les plus proches voisins d'Athènes. On a trouvé en Béotie des vases qui paraissent être de terre, de peinture et de cuisson attique^; mais, à côté de ces articles importés, on y rencontre, en plus grand nombre, d'autres vases où Ton

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