‹ Histoire de l'art dans l'antiquitéChapitre 150 sur 349 · Histoire de VArty t. VI, fig · texte numérisé non relu

Histoire de VArty t. VI, fig

semblable du buste au-dessus des hanches, même allongement de toute la figure, même saillie du mollet. Cet amincissement du corps, qui contraste avec l'ampleur donnée aux muscles de la cuisse, se retrouve chez le cheval. C'est le même procédé de dessin ; lartiste ne laisse pas de saisir les traits caractéristiques des différents types qu'il reproduit; mais, quand il veut les rendre, il les exagère, il les déforme.

Les fibules les plus anciennes et les plus simples, ainsi que d'autres ouvrages en métal, du même genre, ont dû, avons-nous dit, contribuer

à suggérer au peintre céramiste l'idée du décor qui n'admet aucun élément emprunté au monde de la vie; mais les fibules à plaques historiées n'appartiennent plus à ce premier âge. Celles dont la provenance est connue ont été trouvées avec des vases et avec d'autres objets d'un style déjà avancé*. On a vu quelle place y tenait la figure; or il n'y a pas trace de celle-ci dans les monuments où nous avons cherché, en dehors de la Grèce, les prototypes du style géométrique rectiligne. Enfin ce qui est significatif, ce sont les motifs d'origine asiatique qui font ici leur apparition. Quand a été exécutée la gravure de ces plaques, un même style, qui tendait à s'émanciper et à s'élargir, régnait à la fois dans l'atelier du céramiste et dans celui du bronzier.

Ce style, c'est celui d'un beau trépied que nous avons déjà montré avec l'urne de bronze à laquelle il servait de soutien (fig. 2); mais, pour en apprécier l'exécution élégante et soignée, il faut en voir pleinement dégagée la partie supérieure (fîg. 133). Chacun des trois pieds est fait d'une bande de métal que décore l'ornement en arête de poisson, lequel se retrouve sur une des plaques d'os, de même provenance, qui servaient de revêtement à des coffres de bois. Au haut de chaque

132. — P'ibule béotienne. Musée d'Athènes. 'E?r,|JLep{<;, i892, pi. XI, 2.

' i. D'après Boehlau, la grande fibule du musée de Berlin (fig. H9) proviendrait d'une sépulture béotienne qui daterait à peu près du môme temps que les tombes où ont été trouvés des vases que nous considérons comme n'appartenant déjà plus à la période dont nous venons d'écrire l'histoire [Jahrhuch, 1888, p. 362).

jambe, Tenroulement d'une double spirale, qui rappelle les volutes de la colonne ionique. La couronne qui reposait sur ces pieds est découpée à jour; entre deux tores courent des spirales qui se relient Tune à l'autre. L'ensemble est d'une composition et d'une proportion heureuse ; à l'aspect de l'ouvrage , on devine que ce genre de meubles était alors d'une fabrication courante ; il devait être très usité comme support, un peu partout, dans la maison et dans le temple. L'image en apparaît, très souvent répétée, sujf* les vases duDipylon (fig. 8).

Pour ce qui est des armes, ^^^ nous avons indiqué quel caractère devaient présenter certaines armes de luxe que décrit le poète épique ; nous y avons vu ou des épaves du naufrage de la civilisation mycénienne ou des produits de l'industrie phénicienne. Les fouilles n'ont rien donné qui rappelle, même de loin, ces chefs-d'œuvre de l'orfèvre et de l'armurier. A en juger par les échantillons qui ont été recueillis dans les tombes du Dipylon, les armes, au ix® et au viii« siècle, auraient été très simples. C'est alors un fait accompli que la substitution du fer au bronze ; auprès du squelette des guerriers, on ne trouve plus que des épées, des pointes de lance et des haches de fer. Rien n'indique que ces armes aient eu de riches montures, que la garde

ou le manche aient été recouverts de métaux précieux, d'ivoire ou même d'os ciselé. Quant aux formes, elles sont presque identiques à celles de l'âge antérieur*. Une épée de fer, dont la pointe manque, a, dans son état actuel, 0"\48 de long sur O^^Q, là où la soie est le plus

1. DuEMMLEB, Zur NekropoU am Dipylon und dem Styl dcr Dipylonvasen {Athen, Mltth., 1888, p. 294-303). Bruecknkr et Pernice, Ein attischer Friedhof (Atheiu Mitth., 1893, p. 107-108).

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