‹ Histoire de l'art dans l'antiquitéChapitre 203 sur 349 · Propylées du palais de Tirynthe (A, D · texte numérisé non relu

Propylées du palais de Tirynthe (A, D

175. — La rouverture du prodomos de la maison troyenne. Vue perspective. Croquis théorique.

176. — La couverture du prodomos de la maison troyenne. Plan.

fourni les façades de son temple, c'est le prodomos, plus large, des édifices royaux de l'ûge précédent, celui où deux colonnes se dressent entre les deux antes. Le mégaron de la maison troyenne était couvert par des solives qui allaient transversalement d'un mur à l'autre, dans toute la profondeur du bâtiment. Cette couverture, nous la montrons en perspective (fig. 175) et en plan (fig. 176) ; nous appellerons A la

longueur de ces solives. Supposons une salle de beaucoup plus grande

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177. — La couverture du prodomos du palais mycénien. Vue perspective. Croquis théorique.

dimension, analogue à celle des palais de Tirynlhe et deMycènes; la

largeur de celte salle sera, par convention, double de ce qu'elle était dans le type précédent. Comment arriva-t-on à couvrir cet espace? Rien de plus simple. On prit des solives qui avaient cette même longueur A; mais on les disposa dans le sens longitudinal, en les faisant porter soit sur le mur qui séparait le vestibule du m^^flro;i,soitsur des poutres transversales, d'un plus fort équarrissage, placées de distance en distance (fig. 177 et 178). Point de fléchissement à craindre. Solidement encastrées, par leurs bouts, dans de gros murs, ces poutres trouvaient, pour leur partie mé-

178. - La couverture du prodomos diane, un doublc poiut d'appui soit sur

du palais mycénien. Plan. j^g colonUCS du prodomOS, SOit SUr

celles du dedans de la vaste salle (fig. 179). Cette charpente forme

ainsi; dans le sens de la longueur du vaisseau, une suite de compartiments dont chacun est constitué par deux poutres et par une rangée de solives plus ou moins serrées. L'aspect du frontispice variait suivant que Fun ou l'autre dispositif avait été employé. Dans le premier cas, ce que Ton apercevait du dehors, au-dessus du vide de l'entrée, c'était l'un des côtés de la dernière solive, de celle qui était la plus rapprochée de l'extérieur ; dans le second type, les extrémités des solives appa-

179. — Mode d'encastrement et de soutien des poutres transversales dans le prodomos du palais mycénien. Croquis théorique.

raissaient au-dessus de l'architrave et faisaient face au spectateur \ C'est le bois qui paraît avoir fourni, dans le temple, la matière des plus anciennes colonnes, de celles du dehors et de celles du dedans. La colonne des constructeurs mycéniens étajt une colonne de bois ^ et l'on a la preuve que les architectes des premiers temples doriques ont commencé par rester, à cet égard, fidèles aux habitudes de leurs devanciers. Ces vieilles colonnes de bois, Pausanias les retrouvait encore à Olympie, où on les montrait et on les conservait comme des curiosités, non seulement sur le site d'un bâtiment disparu qui aurait été,

\. Histoire de VArt, t. VI, pi. XI, XII, fig. 302, 303, 305, 307. 2. I6irf., t. VI, p. 282, 286.

disait-on, la maison d'Œnomaos \ mais aussi dans le temple d'Héra '. Il dut pourtant y avoir, de bonne heure, une différence. La colonne du vestibule et des intérieurs du palais mycénien s'assemblait avec une architrave qui s'encastrait dans le mur par ses deux bouts. Dans ces conditions, la colonne avait pu affecter non seulement sans inconvénient, mais même avec avantage, la forme d'un pied de chaise, d'un tronc de cône renversé ^ Dans le temple, le portique entourait la cella

180. — Le temple de Ségeste. État actuel. D'après une photographie.

de tous côtés, et une certaine distance en séparait les supports des murs de cette cella; il en résultait que, se rencontrant aux extrémités de chacune des faces du portique, les architraves formaient là un angle saillant, dont le sommet était tourné vers le dehors. Deux architraves reposaient donc à la fois, à angle droit, sur les quatre colonnes angulaires. Il n'y avait jamais rien eu de semblable dans le mégaron mycénien. L'emploi de la disposition périplère, c'est-à-dire de supports

i. Pausanias, V, XX, 3.

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