‹ Histoire de l'art dans l'antiquitéChapitre 208 sur 349 · Les colonnes de bois qui formaient le ptéroma · texte numérisé non relu

Les colonnes de bois qui formaient le ptéroma

2. Les murs en brique crue de la cella, qui reposaient sur un soubassement de pierre appareillée ;

3. Les pièces de bois ou madriers dont étaient revêtus les jambages de la porte et les anles du pronaos.

Il va de soi qu'il n'a pas été retrouvé le moindre fragment d'une colonne de bois; mais, si Pausanias, avant de décrire les monuments de la sculpture que renfermait ce musée, ne dit que quelques mots du

\ . Dœrpfeld serait tenté d'admettre qu'il y a un fond de vérité dans la tradition mentionnée par Pausanias, d'après laquelle le temple aurait été bâti huit ans après qu'Oxylos s'était emparé de l'Élide, c'est-à-dire, suivant la chronologie généralement admise, vers le commencement du xi« siècle [Olympia. Textband, II, p. 35-36).

2. Étant donné le point de vue auquel uous nous plaçons ici pour étudier le temple d'Héra, nous ne relevons pas certaines particularités qui ont leur importance, comme, par exemple, ces petits murs transversaux qui reliaient aux murs du naos huit des fûts de la colonnade intérieure et qui constituaient ainsi, le long de ces derniers murs, de chaque côté, comme quatre chapelles quadrangulaires et une petite niche. Nous aurons Toccasion de revenir à ce temple.

temple même et de son architecture, il a pourtant inséré dans cette sèche notice un renseignement des plus curieux. « Une des colonnes de Topisthodome, écrit-il, est en bois de chêne. » Vopisthodome, c'est ici le pronaos postérieur.

On pouvait déjà induire de ce texte que la colonne signalée par Pausanias était la dernière survivante de nombreuses colonnes semblables ; se représente-t-on un temple où la colonnade aurait été mipartie de pierre et mi-partie de bois? Les fouilles ont achevé la démonstration ; elles ont livré les éléments de la plupart tout au moins des colonnes lapidaires. Des observations auxquelles ont donné lieu ces débris, il est très clairement ressorti que les colonnes retrouvées ne sont pas contemporaines les unes des autres *. Elles ne sont pareilles ni parle diamètre, ni par le nombre des cannelures, ni par le galbe du chapiteau. C'est dans les profils de ce dernier membre que les différences sont le plus marquées. Il y a là des chapiteaux qui paraissent dater les uns du vi® siècle, les autres du v'' ou du iv®, et quelques-uns de l'époque romaine. On n'a qu'une manière de s'expliquer des variations aussi sensibles. Dans son attachement au passé, la piété des Eléens s'appliquait à conserver, tant qu'elles tenaient sur leur base, les antiques colonnes de bois. Au besoin, on y employait les cordes, comme on l'avait fait pour les piliers de la maison d'Œnomaos. C'était seulement quand un fût de chêne, par son étal de vétusté, menaçait de s'abattre que l'on se décidait à le remplacer par un fût de pierre. Un siècle après la visite de Pausanias, on n'aurait probablement plus retrouvé, là où le voyageur l'avait vu, ce dernier témoin de l'ancien état; le temps avait dû finir par en avoir raison.

Cette colonne, c'est, sauf la différence de galbe, celle que nous avons partout restituée à Tirynthe et à Mycènes, d'après la trace qu'elle avait laissée sur le sol, sous la forme d'un dé ou d'un disque de pierre qui servait de point d'appui au fût de bois^ Nous dirons pourquoi Ton ne retrouve, à l'Héraeon, aucun vestige de ces bases rudimentaires qui, ici aussi, dans le premier état du temple, ont dû exister sous les colonnes de chêne.

La construction de lacella ne présentait pas des singularités moins curieuses. Il n'en subsiste que le soubassement en pierre appareillée. Or la nature du déblai que l'on a retiré de l'intérieur du temple et de ses abords confirme une hypothèse qui était tout d'abord suggérée par

\ . Dœrpfeld, Olympia, t. II, pi. XX, XXI, et Textbandy II, p. 28-30. 2. Histoire de VAri, t. VI, p. 518.

la hauteur uniforme que présente partout ce mur et par l'absence de

toute marque de scellement sur le lit de pose, dans l'assise supérieure;

tout le reste du mur était en brique crue, comme dans certains édifices de Tâge précédent*. Il n'a non plus été recueilli aucune pierre dont la coupe indique qu'elle ait fait partie de l'entablement. Celui-ci était donc, comme à Mycènes, tout entier en charpente*. C'est à quoi l'on devait d'ailleurs s'attendre. Comment des colonnes de bois auraientelles pu supporter un entablement lapidaire?

L'édifice, après même que le toit à double versant s'y fut substitué à la terrasse, ne devait avoir qu'une médiocre hauteur. La pente du

fronton est donnée par une antéfixe conservée; si, en usant de cette indication, on ramène à une base de même longueur le temple d'Héra et celui de Zeus à Olympie,

J^,^ ona le diagramme ci-contre, duquel il res-

Ur:-v wo V . . ■ .■ i sort que l'Héraeon était plus bas et de pro-

portions plus ramassées que ne le sera plus tard le temple hexastyle (fig. 192).

Revenons aux soubassements. Si l'œil du passant s'y arrête à peine, l'observateur y trouve matière à réflexion. Regardé du dedans de la cella, ce mur de tuf se compose de quatre assises réglées, dont une aujourd'hui presque enfouie dans le sol (fig. 193). Vu du dehors, il offre un tout autre aspect. La face externe

192. — Diagramme. Le temple de Zeus à Olympie et l'HériPon sur une base de môme largeur.

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