‹ Histoire de l'art dans l'antiquitéChapitre 257 sur 349 · Olympia, Tafel-bandy I, pi. XXXVll · texte numérisé non relu

Olympia, Tafel-bandy I, pi. XXXVll

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au IV® et au m® siècle dans les habitudes des architectes de la Grèce* : c'est pour n'avoir plus à compter avec cette difficulté du placement des triglyphes et de Tînclinaison des colonnes que Ton aurait commencé, vers ce temps, à ne plus guère construire que des temples ioniques. Il y a là une erreur, ou tout au moins une exagération. La gêne n'était pas si grande que le prétend Vitruve, puisque la Grèce, avant Alexandre, avait bâti les temples doriques par centaines. Si l'ordre ionique, à partir d'un certain moment, fut seul en faveur, c'est surtout parce que l'élégance de ses formes était mieux en rapport avec le goût qui prévalut, au cours de la période dite hellénistique^ aussi bien dans les lettres que dans les arts ; c'est peut-être aussi que l'on avait conscience d'avoir épuisé toutes les combinaisons que comportait le style dorique et que l'on n'espérait plus en trouver de nouvelles qui permissent de rajeunir, en les variant, les thèmes connus. 11 n'en est pas moins vrai que la frise dorique, avec l'alternance des éléments qui la constituent, offre une certaine complication. Par l'effet naturel du jeu de ces éléments, un problème est posé qui n'a sans doute rien d'insoluble, mais qui comporte plusieurs solutions, entre lesquelles l'architecte est tenu de faire son choix et dont chacune l'oblige à faire varier les dispositions secondaires de ses ordonnances.

Ce problème, voici quelles en sont les données. La règle qui a été adoptée dès le début, c'est qu'il doit y avoir, au-dessus de chaque colonne, un triglyphe, un autre triglyphe dans la partie de la frise qui correspond à l'espace compris entre deux colonnes, et enfin un triglyphe à chaque angle de la frise: La ligne médiane de l'un des deux triglyphes que nous considérons se trouve donc être le prolongement de l'axe d'un des supports; dans l'autre, cette ligne, si on la continue, tombe juste sur le milieu de l'entre-colonnement; mais il ne peut en être de même du triglyphe angulaire, dont l'axe ne saurait coïncider avec celui de la colonne. Point de difficulté si, partant du principe qui domine l'arrangement du reste de la frise et l'appliquant partout avec une régularité mécanique, on avait conservé au triglyphe de la colonne d'angle la position qu'il occupe au-dessus des autres colonnes; il serait resté alors, à chaque extrémité de la frise, une demi-métope. C'est la solution que préconise Vitruve et que les architectes romains ont adoptée; mais les architectes grecs ne semblent pas avoir même eu la pensée qu'elle fût admissible; il n'existe pas de

i. Vitruve, IV, m, 1-2.

monument où ils y aient eu recours. Dans les temples grecs, sur chacune des façades, la frise s'achève, à l'angle du bâtiment, par un triglyphe. Il a paru à Tarchilecte que, dans cet angle sur lequel le regard s'arrête, il fallait, à ce membre capital de l'entablement, comme terminaison, autre chose qu'une moitié de métope. Celle-ci aurait été trop étroite pour qu'un groupe de figures y trouvât place, et, là où le sculpteur ne serait pas intervenu, quelle fin médiocre et pauvre c'eût été, pour cette frise aux fermes articulations, qu'un champ lisse, de dimensions étriquées! Combien différent et plus heureux sera, sur ce point, l'effet d'un triglyphe, avec son franc relief, si bien accusé par le contraste des canaux qui s'y creusent et s'y emplissent d'ombre!

Rien n'était donc mieux justifié, au point de vue de l'art, que le parti qui fut pris par les créateurs de l'architecture dorique; mais, pour que le triglyphe vînt garnir l'angle, il fallait le repousser vers le bout de la façade, et il se trouvait ainsi porté, à travers l'architrave, non plus sur le milieu, mais sur une moitié seulement du chapiteau de la colonne angulaire. En raison de ce déplacement, si l'on suppose équidistantes toutes les colonnes, la métope qui est contiguë au dernier triglyphe s'élargira de tout l'espace dont celui-ci aura fait l'abandon. Sans doute l'architecte grec, tout en attachant dans ses constructions une grande importance à la symétrie générale des masses et des lignes, ne la comprend pas tout à fait de la même manière que l'architecte moderne. Dans ses bâtiments, les diverses pièces de l'ensemble et les intervalles qui les séparent offrent des irrégularités voulues, qui se rencontrent un peu partout, mais qu'une mensuration très minutieuse a seule révélées; elles échappent, la plupart du temps, au regard du simple spectateur. 11 en était tout autrement de l'inégalité qui résultait du reculement de l'un des triglyphes : la métope attenante était ainsi agrandie, d'un tiers au plus. Une si forte disparité était très sensible à l'œil; il nous semble qu'elle devait troubler tout le rythme de la frise. On s'en est cependant accommodé parfois, dans certains temples archaïques, sans autre façon; mais le plus souvent on a cherché à l'atténuer ou à l'éviter. Les différentes solutions que l'on a données du problème peuvent se ramener à quatre, que représentent les tracés ci-contre (pi. XXXIX) *.

i . PI. XXXIX. 1. Temple de Corinthe, d'après Blouet, Expédition de Morée, t. IIÏ, pi. 77 et 78. — 2. Temple de Poséidon, à Paestum, d'après Labrouste, pi. I. — 3. Temple de Ségeste, d'après Hittorf, Architecture antique, pi. 3 et 4. — 4. Temple de Thésée, d'après Stuart, Antiquités d'Athènes, t. 111, pi. 2.

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