‹ Histoire de l'art dans l'antiquitéChapitre 272 sur 349 · ViTRUVR, X · texte numérisé non relu

ViTRUVR, X

monument que nous les avons indiquées dans nos planches V et VI *. Dans notre planche V, on apercevra les trous marqués en dedans du promenoir, à la hauteur du dessus de la frise, sur toute la longueur de Tune des façades latérales; on les distinguera mieux encore, parce que là ils sont vus de face, à même hauteur, sur le revers du mur triangulaire qui forme le fronton de Topisthodome. Ailleurs les solives ont déjà pris dans les entailles la place qui leur était réservée (pL V, fig. 1); un autre dessin représente un état plus avancé du travail; on voit là un plafond à jour, une sorte de treillis qui constitue Tossature élémentaire des caissons (pi. V, fig. 2) .

Dans le temple périptère primitif, tel que nous le connaissons par rHéraeon d'Olympie, tout le plafond, solives et caissons, était certainement fait de bois. D'autre part, dans les temples du v® siècle, ces caissons et ces solives sont en marbre; mais, alors même, dans la disposition des pièces dont le rapprochement constitue cette couverture, ou reconnaît des formes et un agencement qui sont propres au bois, qui n'ont pu naître que de la charpente. Les poutres de pierre sont la fidèle copie des poutres de chêne, et, dans les remplissages qui ferment et qui meublent les vides qu'elles laissent entre elles, on reconnaît à ne pouvoir s'y méprendre l'imitation d'un ouvrage de charpente (pL VU, fig. 5 et 6). Dans les plafonds de bois, c'était au moyen de solives assemblées à angle droit que l'on couvrait le vide compris entre les poutres (pi. VII, fig. 3). Ce vide était divisé en compartiments carrés, que formaient des châssis superposés, en retrait l'un sur l'autre. Ces compartiments, c'est ce que nous appelons des caissons (icXaidia, lacunaria). La partie supérieure de chaque caisson se terminait par une plaque qui la recouvrait entièrement (pi. VII, fig. 4). Le constructeur, lorsque, dans cette partie de l'édifice, il a substitué la pierre au bois, a docilement reproduit tous les traits des modèles qu'il avait sous les yeux; aussi l'architecte, quand il entreprend aujourd'hui de restituer ces plafonds, peut-il, à son gré, demander à l'une ou à l'autre matière la couverture de son portique. C'est ainsi que, dans sa belle restauration du temple de Pa^stum, Labrouste a admis l'hypothèse d'un plafond de pierre, tandis que d'autres architectes et nous-même avons cru devoir supposer toute cette couverture exécutée en charpente. Cependant les données que nous avons mises en œuvre sont celles mêmes dont s'est servi notre devancier, les traces que le mur a gardées

{. Labrouste, Temples deFestum, pi. IV, V-VI, VIÏ-VIIL

de rinsertioD des poutres qui ont jadis soutenu tout lappareil des caissons.

Si nous avons pris ici ce parti, comme nous l'eussions pris dans le cas où nous aurions eu à restaurer quelqu'un des plus vieux temples de la Sicile, c'est que ces caissons de pierre ne sont en place ni à Psestum ni dans aucun autre des édifices en question, et que d'ailleurs, pas plus à Sélinonte qu'à Paestum, on n'en a pas retrouvé le moindre fragment parmi les débris de tout genre qui jonchent le sol autour des monuments. La preuve est toute négative ; mais elle n'en a pas moins une grande valeur. 11 résulte d'ailleurs du plan dressé par Labrouste, ou plutôt de celui que lui imposaient les entailles creusées dans l'entablement, que certaines des poutres de pierre qu'il y restitue se seraient mal prêtées aux habitudes et aux exigences de la construction lapidaire. C'est ce que l'on observe notamment pour les deux poutres qui, sur la façade principale, en regard de la seconde et de la cinquième colonne, se dirigent vers l'ante du pronaos. Elles n'allaient pas chercher leur point d'appui sur l'entablement du pronaos; elles venaient couper la poutre du portique latéral là où celle-ci portait sur le vide, disposition qui s'explique très bien avec un assemblage à mi-bois, mais que l'on ne comprend plus avec l'emploi de la pierre (pi. VI,

fig. 1).

La figure 3 de la planche VU offre l'ensemble des arrangements du plafond restauré de Paestum, et la figure 4 en offre le détail. Étant données la forme des espacés à garnir, les propriétés de la matière et les pratiques que celles-ci suggèrent à l'ouvrier, les caissons se rétablissent comme d'eux-mêmes, tels qu'ils sont ici disposés. Le détail en est donné, à plus grande échelle, dans la figure 4, mais seulement, comme il s'agit ici d'une restauration conjecturale, à l'état d'épannelage. Dans cet édifice, les entailles où était engagée l'extrémité des poutres du plafond ont une ouverture de 0"*,42 x 0'^,84. Il est à supposer que ces poutres étaient composées de deux pièces juxtaposées et ayant chacune un équarrissage de 0™,42 X 0°*,42. La rudenture qui divise en deux parties égales les solives de marbre du temple de Thésée n'est peut-être qu'une survivance de cette disposition que présentaient les poutres de bois dans les plafonds des anciens temples (pi. VII, fig. 6). Ce serait seulement en Âttique, croyons-nous, que l'on aurait, au v« siècle, commencé de remplacer, dans les plafonds, le bois par le marbre. Quand on a restauré le temple d'Égine, on n'a pas hésité à y restituer des plates-bandes et des caissons de pierre ou de

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