Amphore. Musée Britannique
Conze, Zur GeschichiCy pi. VI, 5.
courent parallèles les unes aux autres ou se rencontrent et se coupent sous divers angles : pas une image de plante ou d'animal, pas un motif qui rappelle, même de loin, le monde de la vie. Ce monde, l'artiste semble l'ignorer ; on dirait qu'il n'a jamais connu que la forme abstraite, telle que la dessinent, dans les minéraux qu'elles cristallisent, les affinités chimiques, telle surtout que le mathématicien la présente,
Anfœnge Griechischer Kunst, mit II Tafein, dans les Sitzungsberichle de T Académie de Vienne, phiL hist. Classe, t. LXIV, p. 505-538). Conze eut le mérite, dans une matière tout à fait neuve, de voir juste du premier coup. Dans un second mémoire, il répondit à diverses objections qui lui avaient été faites, surtout par Lindenschmidt (SUzimgsbe" richte, t. LXXIII, p. 221-250). Conze trouva un contradicteur plus compétent dans Helbig (Osservazioni sopra la provenienza délia decorazione geometrica, lettera di W. Helbig ad A. Conze, dans les Annali, 1875, p. 221-253); il répliqua, sans abandonner sa thèse, mais en atténuant ce qu'elle pouvait avoir de trop absolu, et en définissant les termes avec plus de précision [Oggetli di bronzo trovati nel Tirolo méridionale, lettera di A. Conzk a W. Helbig; Annali, 1877, p. 384-397).
dans le tracé de ses figures. Parmi les vases d'une exécution soignée il n'y en a que peu où le peintre se soit ainsi abstenu de faire aucune allusion à l'existence des êtres organisés; mais ce sont ceux-là qu'il convient de choisir comme types de ce style très particulier, parce que le système y a été appliqué dans toute sa rigueur (fig. 37).
Le décorateur ne devait pas s'en tenir longtemps à ce parti trop étroit et comme paradoxal. Tout ingénieux qu'il fût, il ne tirerait jamais de l'ornement linéaire qu'un très petit nombre de dispositions distinctes. Comment aurait-il résisté à la tentation de remédier à cette indigence en allant chercher ailleurs ce que n'arriveraient point à lui donner le jeu et renchevétrement de toutes ces courbes et de toutes ces droites? Mêlée à ces abstractions, la moindre parcelle de réalité prenait, par le contraste, une valeur singulière; elle rompait la monotonie de ce décor qui se chargeait et se compliquait sans jamais réussir à s'animer.
Si la vie reconquiert ainsi ses droits, c'est d'abord.timidement et comme à faible bruit. Il y a tel vase où elle n'est représentée. que par un couple ou deux d'images minuscules d'oiseaux aquatiques ou de chèvres (fig. 38). Ailleurs on voit ces images prendre déjà plus d'importance, soit par elles-mêmes, soit par la place qui leur est faite. Cygnes et bouquetins forment des files qui remplissent un des registres de la panse (fig. 39), ou bien on voit paraître là d'autres animaux qui, comme le cheval, réclament plus d'espace (fig. 40). Il y a même des pièces où le dessin géométrique semble se simplifier pour ne plus servir qu'à entourer les champs dans lesquels se meuvent à l'aise l'oiseau et le cheval (fig. 41) ou la chèvre et l'oiseau. Ce que tous ces vases ont d'ailleurs de commun, quelles que soient les images qu'y a semées le pinceau, c'est que celles-ci ne sont pas engagées dans une action à laquelle puisse