Vasari, t. II, p. 36o
Faenza, célèbre dès lors par ses faïences, eut l’honneur d’occuper un instant le grand Donatello, dont plusieurs ouvrages, un buste de jeune garçon en marbre, une statue en bois représentant saint Jérôme, ornent encore la bibliothèque municipale. Plus tard (1 474), cette cité fit élever une cathédrale à trois nefs, imitée des basiliques florentines de Brunellesco1, et commanda à Benedetto da Majano l’élégant tombeau de saint Savin, orné de six petits bas-reliefs sur lesquels nous reviendrons. Le groupe des artistes indigènes ne manquait cependant pas d’importance : on a découvert jusqu’ici les noms de dix-neuf peintres de Faenza vivant au quinzième siècle*. Les Manfredi, seigneurs de la ville, ne semblent pas avoir fait preuve d’un goût bien caractérisé. L’un des
derniers d’entre eux, Galeotto, est surtout célèbre par sa fin tragique (14BB) : il tomba sous les coups de sa femme, une Bentivoglio, qui lui reprochait ses infidélités. — Les Manfredi passent pour avoir donné l’hospitalité, neuf années durant, à Bramante; mais cette légende est combattue par l’historien de ce maître*, et la cathédrale, commencée en 1474, semble ne rien devoir à l’illustre architecte urbinate.
A Ravenne, si riche en souvenirs de la domination des Goths et des Byzantins, un seul monument de quelque importance, le mausolée de Dante par Pietro Lombardi (14B2), rappelle la Première Renaissance.
Urbin, la plus inconnue des villes bâties sur les cimes abruptes de l’Apennin central, sur le versant qui regarde l’Adriatique, au point de jonction de l’Ombrie et des Marches, Urbin doit à la Renaissance sa prospérité, hélas! bien éphémère, et sa gloire qui ne périra pas. Xul exemple plus frappant de ce que peut, dans le milieu en apparence le plus ingrat, l’action d’un Mécène généreux et intelligent1.
Le comte Guidantonio de Montefeltro, par le règne duquel (1403-1440) le