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I. De Geymüller, les Projets primitifs, p

E. Müntz. — II. Italie. L’Age d’Or. 45

Les habitations PARTICULIERES se transformèrent dans la même mesure que les demeures des souverains. Le palais à la florentine, avec sa façade nue et sévère, semblable à une forteresse, ne fut plus guère de mise que dans la ville qui avait inventé ce type (palais Strozzi, palais Gondi, palais Antinori). Partout ailleurs on recherchait la clarté et la gaieté, avec des divisions nettement accusées au moyen de pilastres ou de colonnes, avec des jours nombreux, une ornementation parfois éblouissante, mais plus souvent encore sobre et élégante.

Le critère auquel on reconnaît si un style est vivant ou non, c’est la manière dont il s’acquitte des tâches non les plus brillantes, mais les plus modestes. Il est relativement facile de créer des morceaux d’apparat — - le Val de Grâce, la Colonnade du Louvre, la Galerie d’Apollon, etc., — le siècle de Louis XIV y a excellé; mais si l’on avait demandé à un des architectes du grand roi de bâtir une maison bourgeoise, un simple pavillon, il y a gros à parier qu’il n’aurait réussi qu’à enfanter une œuvre lourde, ennuyeuse et glaciale.

Si les municipalités se montraient de plus en plus avares de constructions nouvelles, les particuliers du moins tenaient à faire bénéficier dans la plus large mesure possible leurs concitoyens du luxe de leurs habitations. Tantôt c’étaient des bancs de pierre régnant autour d’un palais, comme au palais Strozzi, tantôt des portiques ouverts dans le genre de la « Loggia dei Lanzi » à Florence, de la « Loggia dei Nobili » et de la « Loggia del Papa » à Sienne. Au milieu du xvT siècle, on comptait à Florence une quinzaine de ces loges, entre autres celles des Ruccellaï, des Peruzzi et des Adinari1. Ces constructions s’autorisaient de la recommandation de L.-B. Alberti, qui dans son Traité tf architecture (livre VIII, chap. vi) avait déclaré que le « Trivium » et le « Forum » devaient être ornés d’un portique sous lequel les pères de famille se réuniraient pour fuir la chaleur et s’entretenir de leurs affaires. La jeunesse, ajoutait Alberti, sera moins dissolue dans ses jeux, ainsi placée sous les yeux des patriciens.

Le cortile était la partie du palais italien dans laquelle les idées nouvelles, j’entends les besoins de la société moderne, s’étaient le plus rapidement donné carrière. Il suffisait d’un petit nombre de changements pour en faire l’idéal du confort et du luxe.

Quel degré de raffinement présidait à la décoration de simples chambres de bains, on peut le déduire de cette circonstance que Raphaël peignit de sa main la «Stufa » (mot à mot : l’étuve) de son ami le cardinal Bibbiena, au Vatican, [nies Romain celle de la villa Lante, Léonard de Vinci celle du château de Milan.

Dès le temps de Pétrarque, les Italiens adoraient les jardins. Bientôt l’arrangement des parterres, des bosquets et des allées se transforma en un art qui n’eut plus rien à envier à l’art même de bâtir. Des jets d’eau, des viviers, des

i. VOsservatore fiorentino, 3e édit., t. III, p. 204.

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