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LES SCULPTEURS NAPOLITAINS

scola d’Arischia ou Silvestro d’Aquila1. Cet artiste fît son apprentissage à Florence, chez Donatello, à ce que l’on affirme; il grava dans cette ville, en 1439-1440, deux sceaux destinés au pape Eugène IV. A Aquila il exécuta entre autres, en collaboration avec son élève Salvator Aquilano, la célèbre « area » de saint Bernardin de Sienne (f 1440), pour l’église du même nom. Cet ouvrage, d’une grande richesse (il coûta, dit-on, 20000 ducats d’or), se compose « d’un vaste massif quadrangulaire, un peu lourd et trapu, décoré d’ornements, de statuettes et de reliefs. Le plus important de ces derniers représente la Madone trônant sur un nuage porté par des anges; l’Enfant divin, debout sur les genoux de sa mère, bénit le donateur agenouillé, que lui présente saint Bernardin. Les figures du saint et du donateur sont simplement drapées et bien groupées; l’Enfant Jésus est plein de dignité dans la pose et le mouvement; mais la Vierge, gauchement assise, a un air de suffisance, et saint Jean Capistran, agenouillé à sa droite, une bannière à la main, est théâtral et maniéré. O11 ne trouve pas dans l’ornementation, les guirlandes, les fruits, les oiseaux et les grotesques, cette netteté et cette délicatesse de ciseau par lesquelles se signalent les meilleurs tombeaux des « quattrocentistes » ; et les statuettes de saint Pierre, saint Paul, saint François, saint Antoine, saint Sébastien, celles de sainte Catherine, de saint Jean-Baptiste et de saint Jean l’Evangéliste, ainsi que le bas-relief de la Résurrection , sur la face postérieure de la châsse, s’élèvent à peine au-dessus du médiocre 2 3. »

Silvestro Ariscola vivait en 1480 encore : il termina cette année même le mausolée du cardinal Amico Agnijili, également à Aquila.

A côté de Silvestro d’Aquila nous rencontrons Andrea dall’ Aquila, que nous savons avoir fréquenté l’atelier de Donatello et travaillé pour Cosme de Médicis ’. Cet artiste eut en outre une part considérable aux sculptures de l’arc de triomphe de Naples (iqSB). A cela se bornent nos informations sur sa vie et son oeuvre. Perkins lui attribue, mais sans arguments décisifs, le mausolée de la Comtesse de Montorio, Maria Pereira, dans l’église Saint-Bernardin à Aquila. La statue de la défunte s’y fait remarquer par la liberté de la facture, et le motif des deux génies nus tenant un écusson fait penser au tombeau de Marsuppini, sauf que ces génies sont assis au lieu d’être debout. Le sarcophage, avec ses griffes de lion, ses rinceaux, ses chérubins reliés par des festons, procède également d’un modèle florentin.

A Atri, le sculpteur milanais Paolo de Garviis sculpta en 1 5o3 l’autel de la cathédrale, pour le compte du duc Matteo III Aquaviva et de son épouse Isabella Piccolomini.

1. Bibl. : Cicognara, Storia delta Scultura, t. IV, p. 410-41.5. — Bindi, Artisti abruygesi, p. 33-42. — Le même, Monumenti storici ed artistici degli Abruti, p. 800-810.

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