CRISTOFORO SOLARI
en 1490 dans sa candidature à la direction des travaux du dôme de Milan, il se rendit à Venise avec son frère, le célèbre peintre Andrea Solari, et y sculpta un Saint-Georges pour une des chapelles de la « Carità » et une Eve, tous deux perdus aujourd’hui. Nommé sculpteur ducal en 1495, il reçut la mission, à peu d’années de là, de sculpter l’effigie de la duchesse Beatrix B Este (f 1497), à laquelle il donna pour pendant celle de son époux Ludovic le More. Dans ces deux statues, amples, harmonieuses, on serait tenté de dire vivantes (il ne s’agissait pas de la représentation de cadavres), et où cependant la tenue n’exclut ni la précision des détails ni l’exactitude du costume, Solari s’est efforcé de donner le plus de style possible aux physionomies, au lieu de s’en tenir à la ressemblance purement individuelle; on remarque surtout chez Béatrix le développement excessif du menton; l’artiste l’a en outre vieillie sans nécessité. Chez Ludovic, le trait dominant est une gravité qui touche presque à la majesté; ce souverain si agité dort d’un sommeil tranquille; sa physionomie respire la sérénité en même temps que la noblesse. Les modes du temps et plus encore l’étiquette ont imposé à l’artiste un motif peu heureux : le manteau de cérémonie excessivement long qui, chez la duchesse aussi bien que chez le duc, dépasse les pieds, sans les cacher, et forme comme un linceul. — Les statues de Ludovic et de Béatrix, exécutées pour l’église Sainte-Marie des Grâces de Milan, furent transportées au xvf siècle à la Chartreuse de Pavic.
De 1 5o 1 à 1 5 1 8, Cristoforo travailla d’une façon intermittente pour la cathédrale de Milan. Un instant, suivant l’exemple de ses compatriotes dispersés par la chute de Ludovic le More, il chercha fortune à Rome. Mais dès i5oô on le trouve de nouveau dans sa ville natale occupé à exécuter pour la cathédrale une série de statues, entre autres le Christ à la colonne, dans la sacristie, et Y Adam placé sur la toiture. On doit en outre à Solari quelques portraits qui se rapprochent de la manière de son frère Andrea.
La Chartreuse de Pavie réclama également le concoursde cet habile statuaire. Il passe pour y avoir exécuté le bas-relief circulaire avec la Pietà, d’une facture très serrée — encore un peu archaïque — et d’une expression très énergique (gravée dans l’ouvrage de M. Lübke, t. II, p. 577).
Cristoforo avait la spécialité des représentations d’Hercule; c’est dire qu’il exagérait d’ordinaire la musculature et l’expression de l’effort. On a retrouvé dans ces dernières années la mention d’un groupe en marbre d 'Hercule et Cacus ( 1 5 1 7) exécuté par lui pour un amateur ferrarais1.
On ignore le lieu et la date de la naissance ainsi que les débuts d’Agostino Busti, surnommé « lo Zarabaja » ou « il Bambaja »2.'En 1 5 1 2 , il fut admis,