II. Italie. L'Age d'Or
DURTISANES VENANT TENTER SAINT BENOIT. FRESQUE DU SODOMA. COUVENT DE MONTE OlIVETO MaGGIORE.
veauté de l’invention, par la solution de quelque beau problème de perspective, ou encore par la hardiesse du dessin, la fierté du style, la « terribilità », parut infiniment plus important que charmer ou émouvoir. Voyez le Pérugin : dès qu’il se répète ou se relâche, que d’invectives! Michel-Ange qui le traite de ganache; la marquise Isabelle d’Este qui lui reproche ou peu s’en faut son manque de probité! Et cependant le peuple ne se lassait pas de voir sortir de son pinceau ces Madones aux yeux de tourterelle, avec le charme indéfinissable de l’expression et du coloris1.
Restons sur cette dernière impression et persuadons-nous que quelque Madone de Raphaël gravée par Marc Antoine aura pénétré jusqu’auprès de ces déshérités, qu’elle les aura séduits par la pureté de ses traits, par l’éloquence de son expression, que les plus humbles auront ainsi été associés, quoique de loin, au magnifique épanouissement de l’art de leur patrie.
I. Lorsqu’il s'agissait de tableaux de sainteté, un homme du peuple pouvait à la rigueur comprendre même les beautés du style. On connaît l’histoire de ce cordonnier de Pérouse qui commanda une Madone à son illustre compatriote le Pérugin. A Venise, une Vierge du Titien acquit rapidement la réputation de faire des miracles et reçut d’innombrables aumônes.
Chérubin. Fragment de l’Assomption de la Vierge, par le Pérugin. (Académie de Florence.)
Ltude pour la Vierge dans le tableau du musée de Caen, par le Pérugin.
(Musée du Louvre.)
Sarcophage faisant partie du mausolée du cardinal Lonati (f 1497). (Eglise Sainte-Marie du Peuple à Rome.)