‹ Histoire de l'art pendant la renaissance (volume 2)Chapitre 267 sur 284 · LE MOBILIER · texte numérisé non relu

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instruments de musique, le poète Barabal assis sur un trône placé sur un éléphant, etc.

Nous ne saurions passer en revue les innombrables monuments de cette époque qui existent encore dans les églises d’Italie. Qu’il nous suffise de dire que nous sommes désormais placés entre une recherche exagérée des effets

Le Trône de Julien de Médias (Ancienne collection de San Donato.)

propres à la peinture et une dégénérescence de plus en plus grande de l’ornementation. Fra Damiano de Bergame (f 1 5|<)), dont le P. Marchese a retracé la vie avec tant d’éloquence, compose de vrais tableaux, animés par de nombreuses figures, par une riche végétation; il s’essaye même dans la perspective aérienne. Telles sont les portes qu’il a exécutées pour Saint-Pierre de Pérouse ( 1 535) : elles représentent l’ Annonciation, l’Adoption de Moïse par la fille de Pharaon, les têtes de saint Pierre et de saint Paul, posées sur une sorte de coffret. Il n’était pas de voie plus dangereuse.

La marqueterie, si intimement liée à la sculpture en bois, nous servira de transition pour passer de l’ornementation en relief à l’ornementation plane, des branches qui relèvent de la sculpture à celles qui relèvent de la peinture.

Nous commencerons, comme de raison, par la miniature, qui a l’avantage de nous offrir, dans sa spontanéité et sa fraîcheur natives, l’oeuvre de l’artiste créateur.

Cet art , si florissant pendant la Première Renaissance (voy. t. I, p.

697-704), compte, vers la lin du xvc siècle et le commencement du xvP, quatre grands noms qui en marquent l’apogée :

les Florentins Attavantc, Gherardo et Monte, le Milanais Antonio da Monza. Poursuivant la voie inaugurée par l’éminent Francesco d’Antonio del Cherico (t. I, p. 700- 701), ces maîtres s’efforcèrent de donner à leurs miniatures un caractère plus décoratif et de fondre plus intimement la partie figurée avec la partie ornementale.

Attavante, fils de Gabriello di Vante, naquit à

Florence en 1 q5 2 . Dès 148b, sa réputation était assez solidement établie pour que Thomas James, évêque de Dol, lui confiât les miniatures de son Missel (aujourd’hui conservé dans le trésor de la cathédrale de Lyon'). Plusieurs années durant, il travailla simultanément pour le duc d’Urbin et le roi de Hongrie, au souvenir duquel son nom est indissolublement lié. En iqqq, ^ se

Marqueterie en bois exécutée par les del Tasso. (Cathédrale de Pérouse.)

I . L. Delisle, Le Missel de Thomas James, évêque de Dol (extr. de la Bibliothèque de l'École des Chartes, 1882). — La Renaissance au tembs de Charles VIII, p. icjq.

Portes des Stances du Vatican, exécutées, sous la direction de Raphaël, par G. Barile.

chargea d’enluminer, pour Clemente Seringi , un Traité de saint Thomas d’Aquin et une Bible, que M. Milanesi identifie à celle dont Jules II fit présent au roi de Portugal, et qui se trouve aujourd’hui à l’abbaye de Belem. En i5oo, il reçut du chapitre de la cathédrale de Prato la commande des miniatures de deux Antiphonaircs. De i5o8 à 1 5 1 i, enfin, Attavante travailla pour l’œuvre du dôme de Florence. Les miniatures qu’il peignit à son intention trahissent la décadence et peuvent passer pour des œuvres de vieillesse. A partir de 1 5 1 1 on perd toute trace de l’habile miniaturiste.

Attavante était un artiste laborieux, plutôt que spirituel et brillant; mais à l’occasion il savait s’élever plus haut que n’importe qui. Certaines de ses figures égalent par la dignité et l’ampleur celles de D. Ghirlandajo, ce qui n’est pas peu dire.

Gherardo, fils du sculpteur florentin Giovanni di Miniato, surnommé Fora (t. I, p. 106), naquit en 1446 et mourut en 1497. Il se voua de bonne heure à l’enluminure des manuscrits, ainsi que ses deux frères Bartolommeo (1442- 149:), dont on 11e possède plus aucun ouvrage, et Monte (1449-1529), dont nous reparlerons ailleurs. Les Médicis, le duc d’Urbin, le roi Mathias Corvin l’employèrent simultanément. La Bibliothèque Laurentienne possède de lui le prerhier volume d’un Missel ayant appartenu à la cathédrale de/ Florence. M. Milanesi lui attribue en outre un Cérémonial de la Bibliothèque du Vatican (tonds Ottonien, n° 5oi) et Y Homère de la Bibliothèque de Naples, avec le portrait de Pierre de Médicis (reproduit t. I, p. 3 17). Gherardo cultivait en même temps la mosaïque.

Fra Antonio da Monza (peut-être identique à l’Antonio da Monza qui remplissait en iqSô les fonctions de massier de la corporation des peintres de Padoue) appartenait à l’ordre des Franciscains. Il doit sa réputation à la superbe miniature qui servait autrefois de frontispice au Missel d’Alexandre VI et qui a échoué à Vienne dans la Collection Albertine. Cette pièce capitale, où l’influence de Léonard éclate dans plusieurs figures, contient, sous une richissime arcade, la Vierge et les apôtres attendant la Descente du Saint-Esprit . Dans la bordure, l’artiste a essayé, mais en vain, de tondre en un tout harmonieux les motils classiques et les motifs empruntés à la nature, les sirènes, les candélabres, les trophées, les branches d’oranger, les pampres, les paons, les hiboux, etc. L’accumulation des détails et le manque d’échelle (le paon n’atteint pas à la taille d’une feuille de vigne, etc.) produisent un effet assez discordant.

La Renaissance, avec son exquise entente des lois de la décoration, semblait appelée à régénérer la mosaïque, qui se recommandait à elle par les souvenirs de l’antiquité plus encore que par ceux du moyen âge. Elle lui témoigna en effet un réel intérêt : Laurent le Magnifique, ce grand initiateur, ne négligea rien pour la remettre en honneur. Mais, pour aboutir, de telles évolutions

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