Campori, Raccolta di Cataloghi, p
K. Miintz. — II. Italie. L'Atre d'f)r, îd
Pendant l’ère précédente, la précision du modelé, la chaleur du coloris et le fini merveilleux que les réalistes flamands excellaient à donner à leurs tableaux avaient plus d’une lois séduit les réalistes italiens, surtout ceux de la Vénétie (t. I, p. 33 1 — 33q) . Le réalisme venant a décroître en Italie, il était tout naturel que la faveur dont l’art flamand s’enorgueillissait décrût par contre-coup. Absolument inconnues dans la statuaire monumentale (jean Bologne, le représentant de la sculpture flamande en Italie, était à peine né à cette époque), les
Un Éventail au x\T siècle.
D’après un portrait de femme attribué à S. del Piombo.
(Musée de Francfort-sur-le-Mein.)
imitations se font de plus en plus rares chez les peintres et, alors même qu’elles se produisent, elles portent sur les productions de l’École allemande, des maîtres de Colmar et de Nuremberg surtout, plutôt que sur celles de l’École de Bruges. Quoique ces imitations ne forment qu’un incident, un simple épisode dans le magnifique épanouissement de l’art italien, il importe d’en fixer les traits essentiels au moyen de quelques exemples. Disons tout de suite que ce qui frappait les Italiens dans les tableaux ou les estampes de l’École allemande, c’était la force de la caractéristique, la profondeur du sentiment religieux, la minutie de l’exécution, peut-être aussi l’attrait de la nouveauté, la curiosité propre à piquer des esprits aussi ouverts et aussi généreux.
Voici le vénéré fondateur de l’École de Colmar, le peintre-graveur Martin Schœn ou Schongauer. Que d’artistes italiens ne l’ont pas pris pour modèle ! Ercole de’ Roberti, dont la Flagellation du Christ (collection de M. Cooke à Richmond) rappelle, d’après M. Venturi, plusieurs types familiers au maître colmarien; Michel-Ange, qui a copié à l’huile sa Tentation de saint Antoine ' ; Raphaël, qui, dans un dessin de la collection Albertine, lui a emprunté son type d’Enfant Jésus, et, dans son Portement de croix, son type du Christ succombant sous le fardeau1 2; Fra Bartolommeo, qui a reproduit à la plume ce même Portement de croix dans un dessin de la collection His de la Salle (Musée du Louvre, n° i5).
1. On croit reconnaître cette copie dans le tableau qui, de la collection du baron de Triqueti, a passé dans celle de son gendre, M. Lee Childe. Un autre exemplaire se trouvait en 1877 à Bologne, chez des particuliers.
2. Raphaël, sa vie, son œuvre et son temps , 2e édit., p. 86, 87, 548.