L. Münlz
Le Calvaire, par Guido Mazzoni. (Église de Monte Oliveto a Naples.)
Bologne également par un sculpteur en bois, Giacomo la Porta (i5iq-i52i). Les travaux confiés à ces artistes comprenaient surtout des crucifix, des tombeaux, des stalles. Rappelons aussi que l’église Santa Maria dello Spasimo de Païenne conquit pendant cette période un des chefs-d’œuvre de Raphaël, le Portement de Croix , transporté depuis au Musée de Madrid1. Les leçons de Léonard et de Raphaël pénétrèrent en Sicile par un autre canal encore, je veux dire par l’intermédiaire de Cesare da Sesto, qui peignit pour l’église S. Niccolô de Messine son Adoration des Mages (aujourd’hui au Musée de Naples), et une Sainte Conversation pour l’église S. Domenico, et qui y forma
un élève, Gerolamo Alibrandi h
Remontons maintenant vers le Nord et passons en revue les villes des Marches et de la Romagne. Ces provinces, de touf temps si turbulentes, traversèrent à l’approche du nouveau siècle une crise épouvantable, mais qui ne laissa pas d’avoir des effets salutaires : César Borgia parut, et malgré ses violences, sa cupidité, le régime qu’il imposa à ses nouveaux sujets dut leur paraître parfois doux en comparaison du joug qu’avaient fait peser sur eux leurs anciens tyrans. Les tentatives du fils d’Alexandre VI, pour éphémères qu’elles fussent, produisirent néanmoins un vaste mouvement de concentration; après sa chute, Césène rentra sous la domination directe de l’Eglise, ainsi que Forli, où Antonio Ordelaffi, héritier de ses anciens seigneurs, n’avait fait qu’une courte apparition. Rimini et Faenza, après avoir accueilli, l’une Pandolfo Malatesta, l’autre Francesco Manfredi, ne tardèrent pas à être annexées par la République de Venise, déjà maîtresse de Ravenne. Seules Urbin et Pesaro conservèrent, pour quelques années du moins, leur autonomie, l’une sous les Montefeltro et les délia Rovere, l’autre sous les Sforza.
Ascoli-Piceno, la première ville qui s’offre à nous lorsque nous remontons la côte de l’Adriatique, doit sa notoriété à un artiste assez médiocre, le peintre et architecte Cola délia Matrice ou dell’ Amatrice.
1. Parmi tant d’artistes étrangers fixés à Rome à l’époque de la Renaissance, on ne rencontre, pour la période qui nous occupe, qu’un seul Sicilien : un architecte du nom de Filippo de’ Bartolini ( 1 5 1 8 ) . Bertolotti , Alcuni Artisii sicitiani a Roma nei secoli A' T Y e XVII. Palerme, 1879.
2. Frizzoni, Napoli ne' suai rapporti colt ’ en te det Rinasciinento; Florence, 1878; p. 35.