‹ Histoire de l'art pendant la renaissance (volume 3)Chapitre 128 sur 257 · Graus, d<-r Kircheiischmiick, it · texte numérisé non relu

Graus, d<-r Kircheiischmiick, it

était, en ce temps, l'emblème du deuil) et lui fit élever un tombeau de marbre.

Contrairement à l'opinion de Vasari, Giuliano ne s'occupa qu'exceptionnellement de sculpture.

Benedctto da Majano', le trère puiné de Giuliano, naquit, comme lui, à Florence, en 144:^; il se fit remarquer de bonne heure par son habileté extraordinaire dans la marqueterie, procédé qui exigeait avant tout une extrême minutie. Sa réputation lui valut, si l'on en croit Vasari, l'honneur d'être appelé en Hongrie à la cour du roi Mathias Corvin. Benedetto ne tarda toutefois pas à sacrifier la marqueterie à la sculpture (nous le retrouverons quand nous étu- *3?,y dierons l'histoire de cet art) et à l'architecture, qu'il enrichit de deux chefs-d'œuvre, le palais Strozzi à Florence, le portique de Sainte-Marie des Grâces à Arezzo.

Le palais Strozzi est un dernier reflet de la gloriole florentine, un dernier témoignage de l'ardeur et de la libéralité avec laquelle les bâtisseurs du temps s'occupaient de perpétuer leur souvenir. Filippo Strozzi voulait élever un édifice qui le rendît célèbre lui et tous les siens en Italie et à l'étranger : « Che a se e a tutti i suoi in Italia e fuori desse nome. « Il commença par recourir à toutes sortes de subterfuges pour désarmer l'envie de ses concitoyens, faisant semblant entre autres d'avoir été entraîné par les architectes bien au delà du programme qu'il s'était tracé au début. Benedetto da Majano, quoique son tempérament le portât plutôt aux œuvres gracieuses qu'aux œuvres fortes, remplit à souhait les intentions de son ami. Après avoir exécuté le modèle de bois obligatoire, après avoir fîiit tirer l'horoscope et placé les monnaies commémoratives dans les fondations (1480), il mena les travaux avec tant de célérité, que Strozzi, au moment de mourir, en 141)1, pût croire qu'un délai de cinq ans suffirait pour l'achèvement total de la construction. Son testament nous révèle des précautions infinies : cinquante ouvriers au moins devaient travailler sans interruption au palais. Dans le cas où celui-ci ne serait pas fini en 1406, Strozzi priait son ami Laurent le Magnifique, et à son défaut les consuls de la Corporation des Marchands, de prendre en mains la direction des travaux, et les autorisait, en échange

La villa de Pojïgio Reale.

(D'après la ^'lavure de Serlio.l

1. BihL. : Article de M. Bode d.uis V AUgfmtinci Kùnstlcr Lexikon de Meyer.

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