‹ Histoire de l'art pendant la renaissance (volume 3)Chapitre 40 sur 257 · Schmarsow, Meh\:^o da Forli, p · texte numérisé non relu

Schmarsow, Meh\:^o da Forli, p

Le Costume au commencement du xvr siècle. Portrait de Beazzano, attribué à Raphaël. (Copie conser\'ée au Musée de -Madrid.)

d'une médaille ou d'une plaquette, et qu'il fit usage de guêtres françaises de velours noir (des gamachcs) et de bottines de couleur incarnat, une telle prédilection s'expliquait sans peine par les relations de ces princes avec Louis XII. Mais pour qu'un artiste étranger tel qu'Albert Durer fit à Venise, en i5n(j, l'acquisition d'un manteau français, accompagné d'un veston « welche », il £rllait que nos modes eussent pénétré jusque dans la bourgeoisie. Les femmes ne tardèrent pas, dans cet engouement, à rivaliser avec les hommes. Ne sait-on pas qu'elles ne font rien à demi! En \5<>l'>, lors de son mariage avec un Colonna, une nièce du pape Jules II portait une robe « alla francese » en satin blanc, toute déchiquetée, avec du brocart dessous'.

Il ne taudrait*pas toutefois s'exagérer l'étendue des infiltrations étrangères : nous avons le plaisir de constater que pendant longtemps l'Italie sut se tenir ^^^^É libre du joug espagnol'.

Il n'entre pas dans mes vues H»C "^ffl ^^'-' décrire une à une toutes les modifications apportées à ^R»»'''^^^ '-^ toilette et à la parure par le siècle de Léon X. C'est Wj.'"^'^^^ affaire à un archéologue. Bornons-nous à quelques traits par- MJiS^iki-m ticulièrement caractéristiques.

Le Costiinie au commencenieni du xvi* siècle. Dessin pour nielle attrihué à G. Francia. (Musée de Lille, i

La coiffure se métamorphose la première. Les couvre-chefs bizarres et souvent disgracieux du siècle précédent font place à des toques aux bords plus ou moins relevés, plus ou moins échancrés, ornés de médailles ou de plaquettes en bronze, à des barettes, à des chapeaux de feutre. Les chaperons ont vécu ; le turban ne paraît plus que de loin en loin, et encore s'est-il considérablement modifié (portrait de B. Castiglione, par Raphaël; de l'Arétin, par Marc-Antoine; gravés ci-dessus, p. 4Q et Oi). Le passage d'une mode à l'autre est palpable sur les médailles d'Hercule d'Esté : dans celles du xv" siècle, ce prince porte encore constamment un bonnet conique; dans celles du commencement du x\ r' siècle (i.^o5), un bonnet carré, un mortier ou une barette '. Signalons aussi, dans le costume militaire, la disparition des casques extravagants que Léonard avait encore donnés aux combattants de la Bataille d'Anghiari.

Le port de la barbe, encore si rare au xv" siècle (voy. t. I, p. 320-32 1), .se généralise de jour en jour, surtout grâce à l'initiative prise par Jules II, qui laissa pous.ser la sienne lors de son voyage à Bologne, en septembre i5io. Bientôt elle devint comme obligatoire pour les papes (Clément VII, Paul III, Sixte-Q.uint, etc.), pour les cardinaux, pour les doges, pour tous les personnages de marque. Il était, par contre, sans exemple que l'on port.it la mous-

1. Gregorovius, Lucrèce Borgia, trad. française, t. II. p. 25. — Thausing, Lettres d'Albert Durer, p. 17. — Ademollo, Alessaiidra FI, Giiilio II c Leoiir X ne! Caruet'ale di Roma, p. ?>\.

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