C.UBBIO
protection officielle. Ce fut une simple corporation, celle des changeurs, qui dota le « Cambio » de son éblouissante parure de fresques, chef-d'œuvre du Pérugin ; ce fut une communauté assez obscure, celle des Camaldules de Pérouse, qui fit orner son couvent de San Severo de la Trinité de Raphaël; et ce fut un humble cordonnier qui chargea le Pérugin de peindre la Vierge entre saint François et saint Jérôme, aujourd'hui l'ornement de la Galerie Penna.
Aux portes de Pérouse, la fabrique de majoliques de Deruta, connue dès le XIV'' siècle, affirma sa vitalité par une série de pièces qui l'ont placée au premier rang des centres céramiques de la Renaissance.
Citti délia Pieve, située un peu plus loin, s'honore d'être le berceau du Pérugin.
A Assise, bien déchue d'un passé glorieux, la pénurie des artistes égale celle des œuvres d'art :
nous n'avons à v signaler que les stalles de la basilique de Saint-François (t. I, p. 82), puis quelques peintures du Spagna , de Niccolo da Foligno et d'un entant du pays, Tiberio d'Assisi.
Après avoir un instant rivalisé .avec Urbin, gnice au beau palais édifié par Luciano Laurana, Gubbio se contenta de briller dans une branche longtemps bien dédaignée, je veux dire la céramique. Je reviendrai plus loin sur les productions sorties de l'atelier du plus célèbre peut-être des foïenciers du xv!*" siècle, « maestro Giorgio ». Mieux valait être le premier .\ Gubbio que e second à Florence ou à Rome.
Tour à tour gouvernée par les délégués du Pape ou tyrannisée par les Vitelli, ces condottieri qui firent une fin si tragique (l'un, Paolo', fut décapité
I. On connaît une mcd-iillt: de P.iolo \'itcllo exécutée par un anonyme (.\rmand. t. II, p. 68).
E. .Muiilz. — 11. Italie. L'A^e d Or. 3o
Tflc liL- Sainte. Fr.agnient dune tVesi|ue penile par 11- Peruïfin. (Ei.'lise Santa Maria .Maddalena dei Pazzi a Florence.)
Esquisse de Raphaël pour un plat ciselé
par l'orièvre G. Rossetti.
(Cabinet des Estampes de Dresde. 1
par ordre des Florentins en 1495, pour avoir échoué dans une attaque contre Pise; l'autre, \'itellozzo, étranglé en \?o2, par ordre de César Borgia,
dans le guet-apens de Sinigaglia), Città di Castello ' a bien mérité de l'art en appelant Signorelli, qui y travailla en 1474, i4^'i, 1490, 141)4, MO'i'j et qui y créa, entre autres, le Martyre de saint Sébastien; un peu plus tard, vers i5o4, elle a acquis des titres plus considérables encore à notre gratitude en confiant à Raphaël une série de peintures importantes, le Couronnement de saint Nicolas de Tolentino (qui n'est plus connu que par des esquisses), le Christ en croix, de la galerie Ward-Dudley à Londres, le Mariage de la Vierge, au musée de Brera, pour ne point parler d'une bannière restée en place et qui représente la Trinité et la Création d'Eve. Nous avons déjà mentionné (t. I, p. 82) la construction du dôme, commencée en
1488, à ce qu'il semble, par le Lombard Elia di Bartolommeo.
Spello doit sa notoriété aux fresques dont Pinturicchio orna une chapelle du dôme (l5oi). Citons en outre une Pielà du Pérugin , peinte en i52i pour le même édifice. La « Collegiata di Santa Maria Maggiore », construite de i5i2 à 10 1 5 par l'architecte -sculpteur Rocco de Mcence, mérite aussi une mention.
A l'actit de la ville de Foligno, si vivace pendant la période précédente, nous ne trouvons guère à enregistrer que la reconstruction du dôme, commencée vers K"^(i(>, et l'édification du palais Orfini, en k^i,~>; puis quelques peintures d'un enflmt du pays, qui ne devait d'ailleurs pas tarder .'i disparaître, Niccolô di Libera-
1 BiBL. : t. I, p. 80. — R. Vischer, Luca Signorelli. Leipzig, 187^, p. 40-48.
Coupe en faïence de Gubbio.
(Musée du Louvre.)