GÊNES
non à la réputation de ses artistes. Ainsi s'explique comment Louis XII commanda à Benti et à Benedetlo da Rovezzano le très médiocre tombeau du duc d'Orléans, destiné à l'abbaye de Saint-Denis, et comment le sculpteur génois Bertrand de Meynal, après avoir surveillé le transport d'une fontaine de marbre commandée par le cardinal d'Amboise (i5o7), s'engagea au service de ce prélat et se fixa pour quelque temps au château de Gaillon : il y exécuta une seconde fontaine, au-
jourd'hui au Louvre*.
Le véritable essor de l'art dans la capitale de la Ligurie ne date que du second tiers du xvf siècle.
Nous y reviendrons dans notre prochain volume.
Les villes des environs de Gênes, Savone et Levante, ainsi que celles de la Lunigiana et de la VersiUa — Sarzane, Carrare , Massa , Seravezza , Pietrasanta (t. I, p. 199- 200), — sans produire quelque œuvre transcendante ou sans donner le jour à quelque artiste supérieur, ne cessèrent de s'enrichir, qui d'une église, qui d'un élégant palais, qui de retables ou de boiseries. Souvent aussi les marchands de marbre de Carrare, qui avaient des dépôts dans les principales villes de l'Italie et jusqu'en Sicile, amenaient avec eux et faisaient accepter les sculpteurs leurs compatriotes : tel ce Francesco de' Maestri de Carrare, employé à Termini en 1 5 1 3 ; tels ce Lotto di Guido et ce Battista Mazzolo, tous deux également de Carrare, fixés la même année à Messine.
Ainsi tout, jusqu'au commerce, tournait à la plus grande gloire de l'art.
Fragment de chambranle, par Benedetto Briosco. (Chartreuse de Pavie.)
Cette rapide excursion dans les principaux centres de la Renaissance parvenue à son apogée nous apprend que le culte des jouissances de l'esprit avait