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LA TERRE CUITE

Riccio pour son gigantesque candélabre. Si l'on continua d'orner certains édifices de portes de bronze (« Libreria » du dôme et église San Paolo, à

La Visitation. Bas-relief en terre cuite polychrome, attribué à Giovanni i la

(Hôpital - del Ceppo » à Pistoja.)

Sienne, toutes deux par Antonio Ormanni, etc.), on ne songea toutefois plus à dérouler sur les vantaux de longues séries de bas-reliefs comparables à ceux des portes de Saint-Pierre de Rome, du Castel Nuovo de Naples, et moins encore à ceux des portes de Donatello et de Ghiberti. La troisième

E. Muntz. — II. Italie. L'Age d'Or. 58

période de la Renaissance reprit sur ce point la tradition des Primitifs : les portes de Jacopo Sansovino dans la basilique de Saint -Marc à Venise, et de Jean Bologne au dôme de Pise, n'ont rien à envier, pour les dimensions du moins, aux chefs-d'œuvre de la Première Renaissance.

La fonte du bronze comptait des représentants un peu partout : à Florence, Bertoldo, Verrocchio, Pollajuolo, Adriano de' Maestri, Giuliano Mariotti

de' Navi, qui fondit en i5o7 le mortier entré au Louvre avec la collection Davillier, et une infinité d'autres; à Sienne, Ormanni, Cozzarelli, etc.

Mais c'est surtout dans le nord de l'Italie, à Venise, à Padoue, à Vérone, à Milan, qu'elle était en honneur. A Venise, comme d'ailleurs aussi à Ferrare, elle était favorisée par le voisinage d'importantes fonderies de canons (on sait que pendant la Renaissance les artistes chargés de ce travail, les « conflatores tormentorum » , cumulaient d'ordinaire cette profession avec celle de sculpteurs et qu'ils s'entendaient également, suivis en cela par les Keller, à jeter une bombarde ou une statue monumentale : les Alberghetti, entre autres, y brillèrent pendant deux siècles. Le Génois Goiardo s'acquit également une grande réputation dans cette spécialité. A Padoue, l'art de la fonte se rattachait aux enseignements de Donatello. On citait en outre l'habileté des fondeurs milanais : le pape Alexandre VI en fit venir plusieurs pour fondre en bronze les taureaux destinés à la fontaine de la place du Vatican (p. 240). Un autre Lombard, Bernardino de Milan ou de Lugano, coula les statues de Saint Jean disputant avec un Lévite et un Pharisien, modelées par Rustici pour le Baptistère de Florence. Notons à ce sujet qu'à tout instant le sculpteur et le fondeur étaient des personnages distincts : le Florentin Adriano fondit le groupe de son compatriote Bertoldo, BeUérophon arrêtant Pégase

Encrier en bronze. (CoUection^Spitzer.

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